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Encyclopédie internationale
des histoires de l’anthropologie

Présentation de la collection des « Carnets du LAHIC »

La collection des « Carnets du LAHIC » a été créée en 2006 par Claudie Voisenat qui l’a dirigée jusqu’à la parution du dernier volume de la série, publié en 2015. Il s’agit d’une publication électronique, en libre accès, que co-éditaient le CNRS (UMR du LAHIC puis UMR8177 Institut interdisciplinaire de l’anthropologie du contemporain, équipe du LAHIC) et le ministère de la Culture et de la communication (Direction de l’architecture et du patrimoine - Mission ethnologie puis Direction générale des patrimoines - département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique). Si le terme de « Carnet » renvoie à un support d’écriture courant pour les ethnographes, il faisait également écho, dans l’histoire de l’ethnologie au ministère de la Culture, à la revue Terrain, dont les premiers numéros étaient eux aussi sous-titrés « Carnets » (ici « du patrimoine ethnologique »).

La mise en œuvre de la collection, quelques années après la création de l’UMR LAHIC, en 2002, traduisait le désir de diffuser largement des recherches conduites au sein de celle-ci, en particulier, dans un premier temps, celles de doctorants ou de jeunes docteurs. Il s’agissait aussi de manifester un goût particulier pour la science ouverte et l’expérimentation d’outils de diffusion en ligne. Ces deux caractéristiques se retrouvent du reste dans le projet Bérose, qui a débuté à la même époque.

Les thèmes traités dans les « Carnets du LAHIC » s’inscrivent tous dans le programme de travail du laboratoire. Plusieurs ouvrages sont directement reliés à des actions de recherche menées avec le soutien du ministère de la culture. Ils sont aussi préfigurateurs, contemporains ou complémentaires d’autres publications, en particulier celles de la collection « ethnologie de la France » des Éditions de la MSH, tel le Carnet de Gaetano Ciarcia, Inventaire du patrimoine immatériel en France – Du recensement à la critique (2007), qui ouvrait la voie à l’ouvrage de Chiara Bortolotto, Le patrimoine culturel immatériel. Enjeux d’une nouvelle catégorie (2015). Trois autres Carnets sont autant d’études de cas portant sur des « émotions patrimoniales », programme au long cours du laboratoire qui a trouvé son aboutissement dans le recueil éponyme, lui aussi accueilli parmi les « Cahiers d’ethnologie de la France » : par ordre de parution, Les formats d’une cause patrimoniale. Agir pour le château de Lunéville (Jean-Louis Tornatore et Noël Barbe, 2011), La Borie sauvée des eaux. Ethnologie d’une émotion patrimoniale (Françoise Clavairolle, 2011), et Des arbres au cœur d’une émotion. La fabrique d’un consensus patrimonial : le parc du château de Versailles après la tempête (Véronique Dassié, 2014). On peut encore mentionner le Carnet de Nathalie Heinich, Le travail de l’Inventaire (2013), qui regroupe des études complétant son ouvrage de synthèse, La fabrique du patrimoine (2009).

Les « Carnets du LAHIC » figurent aujourd’hui au nombre des publications accessibles en ligne à la fois sur Bérose et le site de l’ethnopôle du GARAE. Outre le fait que la collection accueille un volume, co-signé par Christiane Amiel et Jean-Pierre Piniès, qui est directement issu des travaux du GARAE sur Carcassonne (Entre mémoires et usages. La Cité de Carcassonne ou les temps d’un monument, 2010), le lien unissant la collection à l’ethnopôle est plus ancien. En effet, c’est à la fin des années 1990, dans le cadre du GARAE, que Daniel Fabre a mis en place deux grands chantiers qui allaient tenir une place majeure dans ses recherches personnelles et dans celles, inspirées par lui, de ses équipes : celui du patrimoine de l’ethnologie, inscrit dans l’identité savante du GARAE et amplifié ultérieurement dans Bérose, et celui de l’ethnologie du patrimoine, situé au cœur de l’action du LAHIC et dont la collection des « Carnets » porte plus particulièrement témoignage.