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Encyclopédie

Van Gennep, Arnold (1873-1957)

Dossier coordonné par Christine Laurière (CNRS, IIAC-LAHIC)

Arnold Van Gennep (1873-1957), anthropologue, folkloriste et ethnographe français, est une figure incontournable de l’histoire de la discipline. Il fait du terrain en Savoie et en Algérie. Sa renommée internationale est surtout liée, à partir des années 1960-1970, aux relectures de son célèbre ouvrage Les Rites de passage (1909), discuté par des anthropologues comme Max Gluckman, Victor Turner, Rodney Needham. Son œuvre s’inscrit, jusqu’au début des années 1920, dans le champ de l’anthropologie des religions. Polyglotte, cosmopolite et éclectique, fondateur de plusieurs revues et de l’Institut ethnographique international de Paris (1910), il participe aux grands débats internationaux du début du XXe siècle – sur le totémisme et les sociétés australiennes, le monothéisme primitif, la naissance surnaturelle –, tout en luttant pour sauvegarder un comparatisme qui unisse l’étude des contextes ethnographiques « exotiques » et « folkloriques » européens. Nommé professeur d’ethnographie en Suisse, à l’université de Neuchâtel (1912-1915) avant d’être démis de ses fonctions, il échoue à trouver un poste en France, où il est ostracisé par l’école durkheimienne. Van Gennep se tourne alors vers l’ethnographie de la France et l’étude de l’art populaire, publiant un ouvrage programmatique, Le folklore (1924), et de nombreuses monographies sur les régions françaises. Son monumental Manuel de folklore français contemporain paraît en plusieurs volumes à partir de 1937. Depuis les années 1970, il est reconnu comme le père fondateur de l’ethnographie française.

Mots-clés : Folklore | Ethnologie/anthropologie française | Totémisme | Ethnographie | Ethnographie de sauvetage | XXe siècle | Algérie | Folklore français | Folklore européen | Rites de passage | École durkheimienne