Musée d’ethnographie du Trocadéro. Chronologie

Établie par


Christine Laurière

IIAC-LAHIC, CNRS, Paris

Carine Peltier‑Caroff

Musée du quai Branly-Jacques Chirac

2020

Pour citer cet article

Laurière, Christine & Carine Peltier–Caroff, 2020. « Musée d’ethnographie du Trocadéro. Chronologie », in Bérose - Encyclopédie internationale des histoires de l'anthropologie, Paris.

URL Bérose : article1950.html

1872

‒ Réorganisation de la galerie d’anthropologie (physique) du Muséum d’histoire naturelle par Ernest-Théodore Hamy [1].

1874

‒ Création du service des missions scientifiques du ministère de l’Instruction publique. Le service disparaitra en 1939.

1877

3 novembre : Un arrêté signé par le ministre de l’Instruction publique promulgue la création d’un « Muséum spécial appelé Muséum ethnographique des missions scientifiques ».

‒ Ouverture de la galerie ethnographique du musée de l’Artillerie.

1878

23 janvier - 28 février : Ouverture gratuite au public des trois salles du Muséum ethnographique des missions scientifiques. Le Muséum, provisoire, est accueilli dans le vaste espace du pavillon de l’Industrie des Champs-Élysées. Il abrite également des collections archéologiques mais exclut ‒ en principe, la réalité est plus nuancée ‒ les collections anthropologiques. Charles Wiener est directeur de l’exposition ; Ernest-Théodore Hamy, son assistant, est le maître d’œuvre qui organise et dispose les collections rassemblées grâce aux voyageurs et explorateurs mandatés par le ministère de l’Instruction publique. La section américaniste domine par le nombre de pièces exposées.

1er mai - 31 octobre : Ouverture officielle de l’Exposition universelle. Une partie des pièces du Muséum provisoire d’ethnographie rejoint une salle des Missions au palais du Champ-de-Mars. Hamy l’organise. De nombreuses autres sections thématiques (« L’art rétrospectif », « L’art historique ancien et l’ethnographie des peuples étrangers à l’Europe », « Exposition internationale des sciences anthropologiques » organisée par la Société d’anthropologie de Paris) contiennent des objets ethnographiques.

‒ Dans une galerie du sous-sol du palais du Trocadéro, dans l’aile Passy, ouverture au public du musée indochinois (appelé aussi, parfois, musée cambodgien, musée khmer, musée des antiquités cambodgiennes du Trocadéro), constitué de pièces originales, d’une collection de moulages et d’objets khmers ramenée d’Angkor par Louis Delaporte. Le musée ferme à la fin de l’Exposition universelle et rouvre en 1884 pour quelques mois. Il ouvre de nouveau pour les expositions universelles de 1889 puis de 1900, cette fois de façon permanente.

‒ Armand Landrin, anthropologue au Muséum, recense tous les objets exposés dans les pavillons français et étrangers de l’Exposition universelle, susceptibles d’être catégorisés comme « ethnographiques ».

18 octobre : Une commission présidée par le ministre de l’Instruction publique est mise sur pied pour préparer la création d’un musée ethnographique national.

1879

14 avril : La décision de créer un musée permanent d’ethnographie est adoptée. Il sera localisé au palais du Trocadéro.

‒ Transformation de la galerie d’anthropologie du Muséum de Lyon en musée anthropologique.

30 octobre  : Une nouvelle commission est nommée par le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts pour déterminer des principes de classement et d’organisation des collections du futur musée d’ethnographie. Chargés du classement sous la direction de la commission, Hamy et Landrin assistent aux séances à titre consultatif.

24 novembre : Un arrêté ministériel affecte les espaces de l’étage supérieur du palais du Trocadéro à la conservation des collections ethnographiques (6 000 objets). Le musée de sculpture comparée occupera le rez-de-chaussée du palais.

1880

‒ Un budget (le 29 juin) et du personnel (le 19 juillet) sont affectés au musée d’ethnographie. Hamy est conservateur en chef, Landrin est l’administrateur du musée et son assistant. Ils chapeautent un maigre effectif composé d’un sculpteur-modeleur et de cinq gardiens.

1882

12 avril : Ouverture du Musée d’ethnographie au public avec présentation des collections américaines (les plus importantes numériquement), africaines, océaniennes et asiatiques (la plus petite section). Le musée de sculpture comparée est inauguré le 28 mai.

‒ Pour favoriser le développement des missions ethnographiques en relation avec le musée, renforcer les liens avec les explorateurs et voyageurs, Hamy crée la revue L’Ethnographie. Ce sera un échec : après huit ans, elle cesse d’exister et, en 1890, se fondra dans la nouvelle revue L’Anthropologie, domiciliée au Muséum d’histoire naturelle.

1884

20 avril : Sur l’initiative de Landrin, ouverture des sections d’Europe et de France. Hamy se concentre sur les collections extra-européennes – américaines, surtout.

1887

‒ Les collections du musée américain du Louvre rejoignent la collection américaniste du musée, riche de plus de 10 000 pièces.

‒ Translation des collections du musée Guimet de Lyon dans un nouveau musée Guimet parisien, proche du Trocadéro.

1889

‒ À l’orée de l’Exposition universelle de 1889, jugeant que les collections rurales françaises sont trop à l’étroit au musée d’ethnographie, Landrin défend un projet de création d’un « musée des provinces de France » qu’il appelle aussi « musée national de la France ». Le projet avorte.

1890

‒ Ernest-Théodore Hamy, Les origines du musée d’ethnographie. Histoire et documents, Paris, Ernest Leroux.

1892

‒ À la mort d’Armand de Quatrefages, Hamy est élu professeur titulaire de la chaire d’anthropologie du Muséum d’histoire naturelle.

1895

‒ Création de la Société des américanistes de Paris, par Hamy et le duc de Loubat. Son Journal commence à paraître en 1896.

1897

‒ Ernest-Théodore Hamy, La galerie américaine du Trocadéro. L’ouvrage consiste en une série de soixante planches reproduisant des pièces particulièrement rares ou curieuses du musée, commentées par l’auteur. Le duc de Loubat prend en charge les frais d’impression.

1898

‒ Ouverture de la galerie d’anatomie comparée et de paléontologie du Muséum, à l’initiative des professeurs de paléontologie (Albert Gaudry), d’anatomie comparée (Georges Pouchet) et d’anthropologie (Hamy).

1906

Décembre  : Hamy démissionne de son poste de conservateur du Musée d’ethnographie du Trocadéro.

1907

‒ Des collections du MET sont transférées au Musée d’archéologie nationale, à Saint-Germain-en-Laye.

20 avril  : René Verneau est nommé pour le remplacer à la tête du musée. Marcel Mauss et Arnold Van Gennep ont pensé un temps à candidater pour sortir le musée de sa torpeur.

Juin  : En sortant du musée de sculpture comparée, Pablo Picasso aurait visité pour la première fois le musée d’ethnographie du Trocadéro, « ce musée affreux », en compagnie d’André Derain. Il reviendra plusieurs fois au musée, à partir de l’entrée en fonction de Georges Henri Rivière.

1908

18 novembre : Décès d’Ernest-Théodore Hamy.

1909

Mai  : René Verneau est élu professeur titulaire de la chaire d’anthropologie du Muséum d’histoire naturelle. Paul Rivet devient son assistant.

1910

Décembre  : Création de l’Institut français d’anthropologie (IFA), par Paul Rivet. Hébergé au Muséum, l’IFA rassemble pour la première fois des anthropologues, des sociologues durkheimiens, philosophes, historiens de l’art, archéologues, préhistoriens, linguistes, fonctionnaires coloniaux, qui se retrouveront en 1925 lors de la création de l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris.

1913

‒ Création de la Société des amis du Musée d’ethnographie du Trocadéro (SAMET) à l’initiative de René Verneau.

1917

‒ La galerie du musée de l’Artillerie ferme. Ses collections ethnographiques rejoindront le MET en 1918.

1920

‒ Selon René Verneau, les collections du musée atteindraient 100 000 objets.

1923

Hiver  : Exposition de l’art indigène des colonies françaises d’Afrique et d’Océanie et du Congo belge, au pavillon de Marsan, au musée des Arts décoratifs. Très grand succès, l’exposition est organisée par André Level, Henri Clouzot, René Verneau, Maurice Delafosse.

1925

Août  : Création de l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris, fondation du ministère des Colonies, par Lucien Lévy-Bruhl, Marcel Mauss et Paul Rivet. Ces deux derniers en sont les secrétaires généraux.

1927

‒ Fermeture du musée indochinois dont les collections entrent au musée Guimet. Les moulages sont dévolus au musée de sculpture comparée et restent sur place jusqu’aux travaux de 1936. Ils rejoindront ensuite les collections du musée Guimet.

Été  : Afin de se documenter pour un article promis aux Cahiers d’art (dirigés par Christian Zervos) sur l’art précolombien, Georges Henri Rivière visite le Musée d’ethnographie du Trocadéro. Il en sort « conquis », convaincu qu’il faut organiser une exposition pour faire découvrir cette nouvelle « province de l’art » insoupçonnée.

14 octobre  : À l’instigation de Georges Henri Rivière et de Charles Vignier, la SAMET est réorganisée lors de la séance du Conseil. Le vicomte Charles de Noailles en deviendra président quelques mois plus tard.

20 octobre  : René Verneau, professeur d’anthropologie au Muséum et conservateur en chef du Musée d’ethnographie du Trocadéro, part en retraite. Sa succession est ouverte.

1928

6 mars  : Parrainé par Paul Rivet et Raoul d’Harcourt, Georges Henri Rivière devient membre de la Société des américanistes de Paris, dont Rivet est la force motrice depuis une vingtaine d’années. Alfred Métraux, membre de la Société, n’a pu que jouer un rôle dans la rencontre avec Rivet. Rivière avait été présenté lors de la séance du 14 février, en même temps que son ami Georges Salles, qui fait également partie du comité d’organisation de la future exposition Les Arts anciens de l’Amérique.

6 mars  : Après, de son propre aveu, « une rude campagne », Paul Rivet est élu professeur titulaire de la chaire d’anthropologie du Muséum d’histoire naturelle.

27 mars  : Dans la foulée, le Musée d’ethnographie du Trocadéro (MET) est officiellement rattaché à la chaire d’anthropologie du Muséum, placé sous la tutelle du ministère de l’Instruction publique. Sans traitement, Paul Rivet devient directeur d’un musée riche de 150 000 objets.

12 mai  : Inauguration de l’exposition Les Arts anciens de l’Amérique au pavillon de Marsan du Louvre, organisée par Georges Henri Rivière et Alfred Métraux qui en dirigent aussi le catalogue (rendu possible grâce au mécénat de plusieurs personnalités, dont Charles de Noailles). C’est la renaissance par procuration du Musée d’ethnographie du Trocadéro, prêteur majeur de l’exposition, dont les richesses sont présentées de façon artistique, attrayante et moderne.

Mai  : Un numéro spécial de la revue dirigée par Pierre d’Espezel, Les Cahiers de la République des lettres, des sciences et des arts est consacré à l’exposition : « L’art précolombien. L’Amérique avant Christophe Colomb ». Superbement illustrée, cette livraison accueille des articles de Georges Bataille, Alfred Métraux, Paul Rivet.

31 mai  : Se ravisant (son premier choix s’était porté sur Georges-Henri Luquet), Paul Rivet choisit finalement Georges Henri Rivière (GHR) comme sous-directeur du laboratoire d’anthropologie, détaché au MET. Il l’annonce à l’assemblée des professeurs du Muséum d’histoire naturelle. GHR entre dans les lieux dès juillet.

30 juin  : Première réunion annuelle de la Commission consultative du MET. Elle se réunira jusqu’en 1933. Elle est tenue au courant de la situation matérielle, financière et scientifique du musée. En sont membres le directeur du Muséum, deux professeurs du Muséum (Marcellin Boule et Paul Rivet), le directeur de l’enseignement supérieur, le recteur de l’université de Paris, le vicomte de Noailles en tant que président de la SAMET, Lucien Lévy-Bruhl et Marcel Mauss en tant que fondateurs de l’Institut d’ethnologie, Georges de Créqui-Montfort (ethnographe américaniste), Salomon Reinach, directeur du Musée d’archéologie nationale.

1er septembre  : Création du laboratoire de conservation et restauration du MET. Sa direction est confiée à Adrien Fédorovsky, dont le traitement est pris en charge par la SAMET (il sera titularisé au Muséum en 1931). D’abord mobile, le laboratoire s’installe en 1930 à une extrémité de l’ancienne salle d’Afrique puis dans un local plus spacieux en 1931. C’est une pièce maîtresse du vaste chantier des collections (inventaire et numérotation, restauration, meilleure exposition, enrichissement, etc.) entrepris dès l’arrivée de Paul Rivet et Georges Henri Rivière.

‒ Sur la recommandation de Rivet, GHR visite le Musée d’ethnographie de Göteborg, guidé par son directeur, l’américaniste Erland Nordenskiöld, et le musée Skansen de Stockholm. Dans les années suivantes, en coordination avec Paul Rivet qui en visite également un certain nombre (dont ceux d’Amérique du Sud), il va poursuivre sa tournée des plus importants musées ethnographiques étrangers : Museum für Völkerkunde de Hambourg, Cologne, Berlin, Munich, Stuttgart, Leipzig ; Vienne ; l’Institut colonial d’Amsterdam ; le musée de Tervuren ; les musées de Londres, Cambridge et Oxford (Pitt Rivers Museum) ; les musées soviétiques à l’été 1936, etc.

1929

Janvier  : Georges Henri Rivière et son épouse Nina Stevens passent leur lune de miel aux États-Unis. GHR fait la tournée des grands musées de Washington, New York, Philadelphie, Chicago.

21 mars  : GHR est titularisé dans ses fonctions de sous-directeur du MET, avec le vote du nouvel exercice budgétaire du Muséum.

‒ De 89 000 francs en 1928, le budget alloué au MET en 1929 passe à près de 320 000 francs, grâce à un crédit du ministère des colonies (150 000 francs), des fonds privés récoltés auprès de la SAMET et de donateurs (110 000 francs).

Avril  : Premier numéro de la revue surréaliste dissidente Documents (Doctrines, Archéologie, Beaux-Arts, Ethnographie), créée par Georges Henri Rivière, Georges Bataille et Carl Einstein. Georges Bataille en est le rédacteur en chef, Michel Leiris en deviendra le secrétaire de rédaction et gérant en 1930. La revue est financée par le galeriste, collectionneur et historien de l’art Georges Wildenstein. Quinze numéros paraîtront entre avril 1929 et la fin 1930. Plusieurs ethnologues du Trocadéro y publient : Marcel Griaule, Maurice Leenhardt, Michel Leiris, Marcel Mauss, Paul Rivet, Georges Henri Rivière, André Schaeffner. À ce premier numéro, Rivière donne un article programmatique : « Le Musée d’ethnographie du Trocadéro ».

Juin  : un service d’archives et de documentation photographiques commence à se mettre en place. À partir de 1932, ce service est clairement identifié comme une « photothèque », dirigée en ses débuts par Thérèse Rivière, la sœur de GHR.

29 juin  : La « fiche descriptive à dix points » entre en vigueur par un ordre de service très détaillé pour décrire et cataloguer de façon scientifique les collections d’objets ethnographiques.

Juillet  : Les heures d’ouverture sont augmentées. Le musée, non électrifié, est dorénavant ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13 h à 17 h en été et de 13 h à 16 h en hiver. Grâce au rattachement au Muséum, l’entrée, gratuite le dimanche, est devenue payante en semaine (2 francs).

‒ Paul Rivet, « L’étude des civilisations matérielles : ethnographie, archéologie, préhistoire », Documents, n°3, pp. 130-134. « Ce qu’il importe surtout de connaître, ce sont tous les aspects, ou tout au moins l’aspect moyen, d’une civilisation et non l’aspect exceptionnel qu’elle revêt dans les classes privilégiées. Pour l’ethnologue, la maison du pauvre est aussi, sinon plus, précieuse à étudier que le palais du riche ; l’outil le plus humble, le plus imparfait, la poterie la plus grossière a autant, sinon plus, de valeur à ses yeux que le vase le plus finement décoré […] » (p.133).

Novembre  : Création d’une cantine avec de grandes tablées qui restaure gratuitement le personnel et les bénévoles, financée grâce aux subsides de la SAMET et de Rivière.

1930

‒ Le budget passe à plus de 520 000 francs grâce à une augmentation substantielle du budget de l’État (100 000 francs), du maintien de la subvention du ministère des Colonies et de fonds privés dont ceux apportés par la SAMET (100 000 francs). L’octroi de ressources exceptionnelles à hauteur de 2 750 000 francs a été prévu par l’administration pour l’installation d’un chauffage central, l’équipement en vitrines, la construction de la galerie américaine et d’un plancher pour créer une nouvelle salle, etc.

‒ Le Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye transfère des collections ethnographiques au MET.

28 février-1er avril  : Exposition d’art africain et d’art océanien, organisé par Pierre Loeb, Charles Ratton et Tristan Tzara, trois amis de GHR, à la galerie du théâtre Pigalle. Le MET accepte de prêter des pièces, aux côtés d’autres collectionneurs et artistes dont GHR est proche (Jacques Lipchitz, Paul Chadourne, Georges de Miré, Roland Tual, etc.).

14 mars  : Inauguration du mât totem de la Colombie-Britannique offert par les Canadian National Railways (grâce à l’intercession de Paul Coze), avec une grande fête rassemblant plus de 600 personnes, à laquelle se produit le chef yakima Os-Ko-Mon, qui chante et danse. La fête, payée par la SAMET, est filmée par les actualités parlantes Fox Movietone.

Mai  : Le projet de la mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti est entériné par l’Institut d’ethnologie. Elle sera dirigée par Marcel Griaule. C’est l’une des rares missions bénéficiant d’un soutien financier direct du musée.

Mai  : Création de la Société des africanistes, hébergée au musée. Parmi les membres fondateurs : Henri Breuil, Marcel Cohen, D. David-Weill, Marcel Griaule, Maurice Leenhardt, Michel Leiris, Marcel Mauss, Théodore Monod, Charles Ratton, Paul Rivet, Georges Henri Rivière. Son Journal commence à paraître l’année suivante, grâce à une subvention pour sa publication de D. David-Weill.

27 juin au soir  : Inauguration par le président de la République du vestibule d’entrée réaménagé, abritant la tête moai de l’île de Pâques (cédée par le laboratoire de géologie du muséum d’histoire naturelle), présentation de la collection chilienne offerte par le gouvernement et ouverture de la salle Du Petit-Thouars consacrée à l’Océanie, première salle réaménagée dès 1929. Une fête chilienne, payée par la SAMET, est organisée à cette occasion, au son de musiques du pays et araucane.

24 novembre  : Le service d’enregistrement et de catalogue est confié à Jacques Soustelle et Marcelle Bouteiller. En juin 1933, Anatole Lewitzky intègre ce service, en remplacement de J. Soustelle, parti sur le terrain. Entré comme manutentionnaire au musée deux ans auparavant, il va occuper des fonctions importantes au musée et seconder GHR en ce qui concerne la supervision des collections et des magasins.

31 octobre  : Un rapport hebdomadaire a lieu tous les samedis, à 9 h, dans le bureau de GHR. On y discute des différentes questions intéressant le musée. Le personnel rémunéré comme les bénévoles présents sont tenus d’y assister.

30 novembre  : Inauguration de l’exposition hors les murs Copies originales, exécutées par l’expédition Frobenius, de peintures rupestres sud-africaines, salle Pleyel, organisée grâce à GHR et à son soutien financier (sous couvert de la SAMET). L’exposition rencontre un grand succès, l’entrée en est gratuite tous les jours. Leo Frobenius prononce le même jour une conférence dans la salle Chopin de l’immeuble Pleyel, il fait salle comble (500 places).

‒ Début des travaux de transformation de la colonnade semi-circulaire donnant sur le Champ-de-Mars en une vaste galerie d’exposition pour les collections archéologiques américaines.

1931

‒ Le budget du musée dépasse le million de francs grâce aux 500 000 francs apportés par la Caisse des jeux, la subvention du ministère des Colonies (près de 220 000 francs), la subvention de la SAMET (près de 187 000 francs). Le budget alloué par l’Instruction publique, destiné au matériel, stagne à 128 000 francs.

Janvier  : Premier numéro du Bulletin du Musée d’ethnographie du Trocadéro. Huit numéros paraîtront jusqu’en décembre 1935. Le Bulletin est tiré à 1 200 exemplaires. Il bénéficie du mécénat de Georges Wildenstein et de GHR. Avant son départ pour la mission Dakar-Djibouti, André Schaeffner a la responsabilité rédactionnelle du Bulletin.

10 avril  : Tout à sa promotion du futur gala de boxe, Rivière a invité la presse sportive à un banquet au Trocadéro pour célébrer l’association du sport et de l’ethnologie, discipline aventureuse, pratiquée par de jeunes gens dynamiques…

15 avril  : Gala de huit combats de boxe organisé au Cirque d’hiver au profit de la mission Dakar-Djibouti, à guichets fermés (au nom de la SAMET, Noailles et David-Weill ont acheté un grand nombre de places). Georges Henri Rivière en est le grand ordonnateur. Son ami, le Panaméen Alfonso Brown, champion du monde des poids coqs, combat contre Roger Simendé, champion de France poids plumes. Des gardiens du MET en uniforme sont placés aux quatre coins du ring. Avant le premier combat, Marcel Griaule remercie les bienfaiteurs dans une courte allocution. Plus de 100 000 francs (60 000 euros) sont offerts à la mission pour les frais de publication de ses travaux.

16 avril : La création d’un musée de folklore français, aussi appelé musée des provinces de France, est envisagée pour les collections de France qui ont été retirées des salles d’expositions du MET dès 1928. Le folklore français « a surtout un intérêt pour l’histoire nationale et ne rentre pas absolument dans le domaine de l’ethnographie » selon Rivet, qui préfère assigner ces espaces à la création d’une galerie asiatique digne de ce nom, qui manque cruellement au musée. Paul Rivet rédige un rapport à cet effet en prenant exemple sur le musée suédois de Skansen. Il suggère que le pavillon construit par l’Indochine à Vincennes pour l’Exposition coloniale soit réaffecté à ce futur musée. Une commission de réflexion, dirigée par Jean Cassou, inspecteur général des Arts appliqués, est mise en place en février 1932. GHR y participe.

19 avril  : Promulgation de la loi autorisant le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts à participer aux frais d’organisation de la mission Dakar-Djibouti pour la somme globale de 700 000 francs (versée en deux annuités).

Mai  : Publication des Instructions sommaires pour les collecteurs d’objets ethnographiques. Très largement inspirées des cours d’Instructions ethnographiques de Marcel Mauss à l’Institut d’ethnologie, elles sont rédigées anonymement par Marcel Griaule et Michel Leiris et sont destinées aux fonctionnaires, voyageurs, touristes ou colons désireux d’aider à constituer des collections. Les frais de publication ont été assurés grâce aux bénéfices du gala de boxe du Cirque d’hiver. Un premier tirage de cinq mille exemplaires a été réalisé et un second est envisagé dès janvier 1932 pour une diffusion à volonté.

30 avril-3 mai  : Exposition du matériel de la mission Dakar-Djibouti avant son départ proche. L’entrée est gratuite.

Mai  : Le laboratoire de conservation et restauration des collections se dote d’une étuve de déparasitage (la première de ce genre en France) et d’appareils de désinfection. D’autres musées parisiens ont recours à ces appareils.

19 juin  : Inauguration de la nouvelle bibliothèque entièrement rénovée, par le ministre de l’Instruction publique. Cette modernisation a été rendue possible par la générosité de GHR (qui avait fait un héritage) et de Pierre David-Weill. La bibliothèque est dirigée depuis 1929 par Yvonne Oddon.

6 mai-15 novembre  : Exposition coloniale internationale de Paris, au bois de Vincennes. À sa fermeture, cinq mille objets exposés dans les pavillons coloniaux français sont remis au MET.

15 mai - 15 juin  : Exposition Peaux-Rouges d’hier et d’aujourd’hui, exposition de la mission Paul Coze. Subventionnée par la SAMET, l’exposition rencontre un beau succès (15 000 visiteurs en un mois).

29 mai - 15 octobre  : Exposition ethnographique des colonies françaises. Jacques Soustelle et Marcelle Bouteiller en sont les maîtres d’œuvre principaux. Grâce à une aide de la SAMET, le musée fait réaliser une belle affiche signée Raymond Gid.

29 juin - 15 octobre  : Exposition des vélins coloniaux du Museum d’histoire naturelle, montée grâce aux subsides de la SAMET.

10 juillet au soir (22h)  : Grande fête organisée par le musée, payée par la SAMET, au pavillon de l’Afrique occidentale française, avec un spectacle de danses et musiques africaines, rassemblant « huit cents invités représentant avec éclat les sciences, les arts, les lettres, la politique » (GHR). Des soldats africains forment une haie à l’entrée, le service intérieur est assuré par des spahis revêtus de leur longue veste en drap rouge. Sur une estrade, après une petite conférence introductive, André Schaeffner commente les différents « numéros » : danseurs acrobatiques masqués de la Côte-d’Ivoire, danseuses foula de Siguiri, danseurs dogon de Bandiagara, reconstitution de la cour du roi Béhanzin, reconstitution d’une fête à Madagascar du temps de la reine Ranavalona, un tam-tam mau, etc. La soirée se termine par un « somptueux buffet » autour duquel se pressent, parmi les artistes amis du musée, Matisse, Braque, Picasso, Igor Stravinsky, Paul Morand, Tristan Tzara, Georges Bataille, Julien Green, Giacometti, Robert Desnos, Zadkine, Manuel de Falla, Roland Manuel, André Masson, Georges Auric, Serge Prokofiev, Carl Einstein, Jacques Lipchitz, etc.

Novembre  : Installation d’une vaste salle de travail commune au personnel du musée, aux savants, bénévoles et étudiants de l’Institut d’ethnologie. Placée sous la supervision de Marcelle Bouteiller, elle est ouverte du lundi au samedi, de 9 h à 18 h.

25 novembre  : À l’issue de la séance du Conseil de la SAMET, tenue en présence du baron Erland Nordenskiöld, le vicomte de Noailles offre un thé à tout le personnel du musée.

18 décembre - 1er avril 1932  : Mission Paul Rivet en Indochine (Tonkin, Yunann, Laos méridional, Annam, Cochinchine, Cambodge) prolongée par Bangkok et les États malais. Mise en place, avec le soutien de l’École française d’Extrême-Orient, d’un réseau de collaborateurs ethnographiques chargés d’enrichir les collections asiatiques du MET, très pauvrement doté en ce qui concerne cette région.

16 décembre  : Vente à l’hôtel Drouot de la collection d’art primitif Georges de Miré. GHR en a rédigé le catalogue, à la demande de Charles Ratton. Plusieurs objets sont offerts au musée par Paul Chadourne, Titus, Charles Ratton, les galeristes Carré et Pierre Loeb, Charles de Noailles et D. David-Weill.

29 décembre  : Vote de la loi d’outillage national destinée à financer l’aménagement et l’équipement d’établissements d’enseignement supérieur. Le MET obtient 5 750 000 francs. Depuis l’été, Paul Rivet et Georges Henri Rivière avaient mené une très intense campagne de lobbying auprès des députés et sénateurs, avec la complicité active de Mario Roustan, ministre de l’Instruction publique qui répondit à un long entretien dans les pages des Annales coloniales, après une visite guidée du musée par Rivet et Rivière. Ils montèrent un dossier comprenant cette interview, un plan général de réorganisation du musée sur dix ans, un rapport sur le travail accompli depuis 1928, et un cahier photographique avec des légendes éloquentes sur l’état de délabrement du musée. Ce dossier avait été envoyé à une bonne centaine de parlementaires. Pour autant, le budget du personnel et les crédits d’achats de collection restent au point mort.

1932

Janvier  : Les travaux subventionnés par la loi d’outillage national commencent.

Mai  : Réception en l’honneur du retour de la mission Clérisse, chargée d’étudier les voies d’accès du Transafricain et de prospecter ethnographiquement les pays traversés. Les objets archéologiques et ethnographiques ont été donnés au musée.

Juin  : Création de la phonothèque. GHR avait projeté de la faire inaugurer par Igor Stravinsky auquel il avait fait visiter le musée quelques mois après son entrée en fonction.

15 juin - 15 juillet  : Exposition Bronzes et Ivoires du royaume du Bénin, organisée par GHR, Charles Ratton (partie artistique), Henri Labouret (partie ethnographique), dans la toute nouvelle salle réservée aux expositions temporaires. L’exposition et les frais d’impression du catalogue sont financés par la SAMET (en particulier grâce à l’aide substantielle de D. David-Weill). La soirée d’inauguration rassemble deux mille personnes. L’exposition, qui accueille dix mille visiteurs en un mois, fait sensation, en France à et l’étranger ; la couverture de l’événement par la presse est considérable. Cette exposition signe le renouveau du musée sur lequel Paul Rivet et GHR communiquent abondamment, en présentant leur programme scientifique pour les dix ans à venir.

C’est aussi la première des « expositions de grand style » programmées par GHR et le début d’une programmation très dynamique d’expositions temporaires attractives pour le public (et les caisses du musée), sur le modèle de celles organisées par la Bibliothèque nationale.

15 juin  : Inauguration de la salle du Trésor, « petit royaume » où certaines pièces remarquables « jouissent du privilège de l’extraterritorialité » et sont rassemblées pour « le plaisir des yeux ». Avec les salles d’Océanie et d’expositions temporaires, c’est la seule autre salle ouverte au public pendant la durée des grands travaux.

6 août - 2 octobre  : Exposition de la Mission Rivet en Indochine.

‒ Les travaux pratiques (10 leçons) de l’Institut d’ethnologie ont lieu au musée et au laboratoire d’anthropologie. Ils concernent la muséologie, l’enquête sur le terrain (la récolte ethnographique, la rédaction des fiches ethnographiques, les enregistrements sonores, la photographie, les dessins et croquis), les résultats de l’enquête sur le terrain au musée, l’expédition et la conservation des objets, la recherche en bibliothèque. Selon les années, après une première séance introductive assurée par GHR, interviennent Marcel Griaule, Jacques Soustelle, André Leroi-Gourhan, Alfred Métraux, Anatole Lewitzky, André Schaeffner, Yvonne Oddon, Denise Paulme, Marcelle Bouteiller, Adrien Fédorovsky, etc.

4 novembre - 11 décembre  : Exposition de la Mission Monteux-Richard en Guyane française (mission Jacquet Perret, avec Lucien Poubeau et le cinéaste Jean-Paul Goreaud). Le journal Comœdia titre « Le vicomte de Noailles a inauguré hier les œuvres des bagnards »…

6 décembre  : Première représentation, au Cinéma des agriculteurs, du film documentaire sur la Mission Monteux-Richard, Au pays de l’or et du bagne, de J.-P. Goreaud, sous l’égide du MET. Avec Roland Tual, GHR dit les commentaires en voix off.

6 décembre  : Le vicomte de Noailles organise une réception pour le personnel bénévole du musée, à partir de 17 h.

16 décembre - 8 janvier 1933  : Exposition Jouets annamites, qui célèbre la Fête de la huitième lune, dite « Fête des enfants ». Les jouets, lanternes et pâtisseries, qui portent pour nombre d’entre eux l’influence européenne, ont été achetés chez des marchands d’Hanoï par Éléonore Colani. Le jour de l’inauguration, dans le hall du musée, une vente aux enchères de jouets est organisée, au bénéfice de la SAMET et d’une association caritative indochinoise. GHR, assisté de Charles Ratton, tient le marteau. La vente aux enchères connaît un franc succès et rapporte plusieurs milliers de francs.

16 décembre  : Exposition présentant des objets de l’île de Pâques et la « découverte » récente de Guillaume de Hevesy postulant une concordance entre les écritures de Mohenjo-Daro et l’île de Pâques.

1933

13 janvier  : Inauguration de l’exposition Le Tibet ethnographique. Exposition des missions Jacques Bacot, complétées de près de quarante photographies d’Alexandra David-Neel. Des disques de musique tibétaine sont diffusés le soir de l’inauguration.

3 mars  : Inauguration de l’exposition sur les Œuvres d’Afrique équatoriale française (Oubangui-Chari et Tchad) de G. Geo-Fourrier. Cent quarante dessins en couleurs de l’artiste, grand prix d’Afrique équatoriale française, sont accrochés, ainsi que ses photographies et quelques objets qu’il offre au musée.

31 mars  : Inauguration de l’exposition Tapas de Nouvelle-Guinée hollandaise.

1er avril  : Exposition Mission en Afrique occidentale française d’Henri Labouret.

Samedi 10 avril  : Réception à l’occasion du retour de la mission Dakar-Djibouti, donnée par le vicomte de Noailles, pour un « 5 à 7 ethnographique » qui réunit écrivains, artistes, personnalités mondaines, ethnologues, étudiants et savants. Un local spécial du musée va être affecté à la mission Dakar-Djibouti.

Dimanche 30 avril  : Surprise-partie pour les bénévoles du MET, de 17H à 22H. Le carton d’invitation précise et souligne : « On dansera ».

‒ Numéro spécial de la revue d’avant-garde Minotaure, éditée par Skira, consacré à la « Mission Dakar-Djibouti, 1931-1933 », avec des contributions de Marcel Griaule, Michel Leiris, Deborah Lifchitz, Éric Lutten, André Schaeffner, Paul Rivet et Georges Henri Rivière. Cette livraison fait office de catalogue de l’exposition organisée au Trocadéro.

1er juin  : Exposition consacrée aux résultats ou, plutôt, au « butin » (l’expression est de Paul Rivet et Georges Henri Rivière) de la mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti (financée par la SAMET), qui annonce l’ouverture de la grande galerie d’Afrique noire, en même temps que de la salle d’Afrique blanche et d’une petite salle d’organologie musicale arrangée en six vitrines par André Schaeffner. Les peintures éthiopiennes de l’église d’Antonios sont provisoirement exposées dans la nouvelle salle d’Europe.

1er juin  : Inauguration de trois autres expositions, le même soir : Arts des Incas (objets de la collection Juan Larrea) ; Photographies du Kafiristan (photographies de Raymond Burnier et d’Alain Daniélou) ; Mission Petit et Decary à Madagascar.

Juin  : Pour alimenter la couverture de l’événement par la presse, Georges Henri Rivière organise une séance de prises de vues avec son amie Joséphine Baker posant dans ou devant des vitrines de l’exposition de la mission Dakar-Djibouti, jouant de divers instruments de musique africains.

23 juin : Anatole Lewitsky est nommé chef du service d’enregistrement des collections. Il a pour collaborateurs M. Cardenas (dessinateur-numéroteur), un aide technique, l’appui des gardiens si possible et des bénévoles. Son rôle, important, est transversal : « Il est commissaire de chacune des expositions temporaires réalisées au musée, il y représente la continuité de nos méthodes et de nos techniques et il assure le respect dû au matériel du Musée ». À partir de novembre 1934, il devient également chef des magasins et supervise leur aménagement, organisation et entretien. En mars 1939, il dirigera le département de technologie comparée du Musée de l’Homme, après avoir été durant toute la période des travaux, la courroie de transmission entre le musée et les architectes.

1er juillet  : Constitution du département d’ethnologie musicale, dirigée par André Schaeffner. Appelé à travailler au musée dès 1929 par GHR, André Schaeffner y fonde aussitôt un service « d’organologie musicale » regroupant les collections d’instruments de musique exotique.

1er juillet  : Le département d’Afrique blanche et du Levant est confiée à Thérèse Rivière.

Septembre  : À droite de l’entrée de la galerie d’Afrique noire, sera installée à l’automne une grande vitrine « affectée à l’Art nègre […] pour enlever toute base légitime aux exigences formulées par une partie de la presse et du public. Les objets y seront groupés du point de vue de l’art à l’inverse de ce qui se fera dans toutes les autres vitrines » (GHR). Michel Leiris est chargé de l’installer tout comme celle des masques dogon.

1er octobre  : Le département d’Asie est constitué, sa direction confiée à Marcelle Bouteiller qui, provisoirement, est également responsable du département Océanie. Le musée Guimet a consenti de « très beaux dépôts » (Paul Rivet) au musée.

1er octobre Constitution du département d’Afrique, dirigé par Marcel Griaule. Y sont attachés Denise Paulme, Éric Lutten, Simone L’Henry (rejoints plus tard par Deborah Lifchitz) et Michel Leiris qui devient chef de ce département le 1er juillet 1934.

Novembre  : Le palais du Trocadéro et ses terrasses étant pressentis pour devenir le centre de la future exposition internationale de 1937 – avec un risque de démolition du musée à la clé –, Paul Rivet et Georges Henri Rivière défendent un projet alternatif pour s’agrandir et récupérer la salle de théâtre qu’ils souhaitent voir démolie. Ils veulent y édifier le grand « Temple de l’Homme » dont Paul Rivet rêve depuis 1928. Le nom « Musée de l’Homme » est prononcé pour la première fois lors d’une réunion hebdomadaire du personnel scientifique du musée par André Schaeffner ; il est très vite adopté.

7 novembre  : Première soirée de loterie nationale, organisée au théâtre du Trocadéro. Pour l’occasion, le MET reste ouvert pour que les gens prennent patience. Des haut-parleurs ont été installés dans les salles pour entendre les résultats.

10 novembre  : Inauguration de la salle de préhistoire exotique, organisée par l’abbé Breuil, assisté d’Harper Kelley. La salle est divisée en une section africaine et indochinoise, le clou de l’exposition permanente étant un ensemble d’art rupestre saharien. Le même jour, ouverture des expositions Art préhistorique de l’Afrique du Nord (mission du professeur Leo Frobenius) et Les races humaines (sculptures de Malvina Hoffmann), financées par la SAMET.

Décembre  : L’expertise de pointe acquise par le MET en matière de conservation est reconnue. Adrien Fédorovsky publie La conservation et la restauration des objets ethnographiques. Le laboratoire du musée d’ethnographie, Paris, Vernière.

Fin novembre  : Le musée permanent des colonies ouvre au public après d’importants travaux d’aménagement. Des salles majeures sont inaugurées : une section historique et une sous-section des arts indigènes d’Afrique noire. Il « partage maintenant avec le Trocadéro l’intérêt des visiteurs amateurs d’ethnographie », écrit L’Intransigeant. Pendant plusieurs mois, à partir de septembre 1931, GHR avait occupé par intérim les fonctions de délégué à l’organisation de ce futur musée permanent des colonies. Entre janvier et juin 1931, il en avait dessiné les principes directeurs, établi l’organisation, la muséographie et la répartition en différentes sections, classé les collections ethnographiques. À partir de mai 1932, il participe à la commission consultative de préparation de la section historique.

19 décembre  : Inauguration de l’exposition Art populaire de Roumanie qui deviendra une section permanente.

1934

‒ La bibliothèque municipale de Versailles verse ses collections d’objets au MET.

19 janvier  : Inauguration des salles d’Asie et de Mélanésie en même temps que de cinq expositions sur les mêmes régions : Ethnologie de la Nouvelle-Calédonie (organisée par les pasteurs Rey Lescure et Maurice Leenhardt et montée grâce au soutien de la SAMET) ; Art mélanésien (collection du baron Eduard von der Heydt) ; En Asie centrale : photographies de la mission d’Ella Maillart (financée par la SAMET) ; La vie féminine au Maroc et en Tunisie (missions Jeanne Jouin) ; Ethnographie de Malacca (mission Jeanne Cuisinier).

Janvier  : En raison du succès remporté par les récentes inaugurations, le musée ouvre tous les jours (lundi excepté), de 14 h à 17 h 30, hiver comme été. Cette innovation est rendue possible par la récente installation générale de la lumière électrique dans toutes les salles.

2 mars  : Inauguration de l’exposition Villes d’Orient rendues à la lumière. Cent gouaches de Suzanne Frémont.

Samedi 17 mars  : Grand bal organisé à l’hôtel Georges V, par GHR et la SAMET, « Une soirée au Hoggar », au profit des missions d’exploration et d’étude du musée. Au programme : défilé de costumes d’Afrique blanche commenté par Henry de Monfreid, duel touareg, combats de boxe et de lutte, la cantatrice Yvonne Brothier, la chanteuse Marianne Oswald, le danseur Féral Benga. L’orchestre du Bœuf-sur-le-toit accompagne Jean Sablon. Tenue exigée : smoking ou costume d’Afrique blanche. Quelques jours auparavant, GHR a organisé une répétition du duel touareg sur les terrasses du palais du Trocadéro, très largement couverte par la presse écrite française et internationale. André Leroi-Gourhan, costumé, joue l’un des combattants touareg.

18 mars  : L’entrée le dimanche devient payante à demi-tarif, afin que le musée profite de sa popularité grandissante. Ces recettes lui permettent de rémunérer du personnel.

Avril  : Une section arctique, confiée à André Leroi-Gourhan, est créée.

14 avril : Inauguration de l’exposition Peintures rituelles des Indiens d’Amérique du Nord recueillies vers 1786 pour les princes de la Maison de France (anciennes collections de la Bibliothèque nationale et de la ville de Versailles), organisée par Paul Kirchhoff, avec l’aide d’Henri Lehmann.

5-7 mai  : Le MET accueille le Congrès international sur le scoutisme colonial. Le maréchal Lyautey y participe le 6 mai.

16 mai  : Réception à l’hôtel Georges V des délégués étrangers venant pour l’inauguration de l’exposition Sahara.

18 mai - 28 octobre  : Inauguration de l’exposition Sahara. C’est le plus grand succès public du musée : l’exposition accueille plus de 70 000 visiteurs payants. Hormis la grande galerie d’Afrique noire et la salle d’expositions temporaires, l’exposition, qui a bénéficié du soutien de la SAMET, occupe tous les espaces du musée, escaliers compris.

30 mai  : Pendant la Semaine coloniale française, un concert-conférence de « musique indigène des colonies françaises » est organisé par André Schaeffner et Philippe Stern au musée Guimet.

‒ 1er juin  : Pendant la Semaine coloniale française, ouverture de la salle d’Océanie rénovée. Pour l’occasion, installation d’un pont d’argent sur lequel défilent des « mannequins vêtus (ou dévêtus) de paréos créés spécialement d’après nos collections de tissus » par des couturiers parisiens (GHR). Le même jour, inauguration des expositions La danse sacrée (organisée par Curt Sachs) ; Arts des îles Marquises ; Photographies de la Polynésie française par Pierre Verger.

12 juin  : Inauguration de l’exposition Peuples et magies de l’Océan indien (photographies prises par Titaÿna au cours de son voyage aux Indes néerlandaises).

16 juin- fin juillet  : Aménagement des nouveaux magasins ethnographiques.

4 juillet  : Dans le cadre de l’exposition Sahara, organisation d’un banquet au musée.

20 octobre  : Inauguration de la nouvelle section du Dahomey, réalisée par Denise Paulme. La section d’Abyssinie est définitivement installée par Deborah Lifchitz.

Novembre  : Pour répondre à la fréquentation croissante des expositions, le musée ouvre tous les jours, de 10 h à 18 h.

9 novembre  : Inauguration des expositions Missions africaines d’E.G. Waterlot et Rivages de la mer Rouge. Photographies d’Henry de Monfreid.

14 décembre  : Inauguration des salles des peuples arctiques (par le docteur Charcot) et de Madagascar, en même temps que de l’exposition Deux ans chez les Indiens du Mexique (mission Jacques et Georgette Soustelle 1932-1934). Dans une présentation encore provisoire, la galerie d’archéologie américaine ouvre au public.

16 décembre  : Dans le cadre de la conférence économique de la France métropolitaine et d’outre-mer, des dignitaires africains sont à Paris. Le prince Yaho Gléglé, conservateur du musée d’Abomey, petit-fils du roi Gléglé et neveu de Béhanzin, visite le MET en compagnie du chef des Touaregs Ali Mohammed Ag Taher. Avec Paul Rivet pour guide, le premier s’arrête devant le portrait de son grand-père figuré sous les traits d’un poisson, le second devant les sections d’ethnographie touareg constituées grâce à l’exposition Sahara.

20 décembre  : La grande réorganisation du Musée d’ethnographie touche à sa fin. Toutes les sections du musée sont définitivement constituées. Denise Paulme et Deborah Lifchitz sont officiellement attachées au département Afrique dirigé par Michel Leiris. Tous les chefs de départements sont nommés : Marcelle Bouteiller (Asie) et André Schaffner (ethnologie musicale), Thérèse Rivière (Afrique blanche et Levant) sont rejoints par Marie-Anne Cochet (Europe), Jacques Soustelle (Amérique, avec Henri Lehmann comme attaché) ; Roland Grünewald (Océanie) ; Harper Kelley (préhistoire exotique). André Leroi-Gourhan est à la tête de la section des peuples arctiques, Jacques Faublée s’occupe de celle de Madagascar. Curt Sachs est chargé de mission à la phonothèque.

Décembre  : En discussion depuis un an, après bien des polémiques dans la presse et des protestations énergiques de la part de Georges Henri Rivière et Paul Rivet, la décision de faire du palais du Trocadéro et de ses terrasses le siège principal des manifestations liées à l’Exposition internationale de 1937 est définitivement entérinée. Le concours d’architecture est ouvert, le palais du Trocadéro doit être en partie éventré, en partie camouflé. La rénovation du vieux Musée d’ethnographie entre 1928 et 1934 aura coûté près de 10 millions de francs (plus de 7,5 millions d’euros). Les deux hommes se rallient au nouveau projet architectural qui va leur permettre de créer le Musée de l’Homme, grand centre scientifique coordonnant toutes les institutions ethnologiques de la capitale.

1935

10 janvier  : Ouverture de la salle d’Europe.

25 janvier  : Inauguration des expositions Îles de cendres et de corail (mission Aubert de la Rüe aux Nouvelles Hébrides) ; En Crète sans les dieux (photographies par René Zuber).

Mars  : Les professeurs du Muséum autorisent le transfert du laboratoire d’anthropologie et de ses collections vers le futur Musée de l’Homme.

2 mars  : Début du nouveau cycle de concerts-conférences de musique populaire et exotique organisés tous les samedis, de 16 h à 17 h, dans la salle d’expositions temporaires, sonorisée, « chauffée, places assises ». Le Vicomte de Noailles, président de la {{}}SAMET, a subventionné la sonorisation de la salle. On y diffuse un choix de disques, des instruments sont parfois présentés. Ils sont animés par André Schaeffner, Claudie Marcel-Dubois ou un autre ethnologue du musée. Première séance, proposée par Cl. Marcel-Dubois au microphone : « Le contact entre la musique blanche et la musique de couleur » avec des extraits de musique cubaine, mexicaine, afro-américaine, malgache, néo-calédonienne. Prochaine séance : le Cameroun, par Henri Labouret.

8 mars  : Inauguration de la galerie d’archéologie américaine, « Arts de l’Amérique ancienne », de l’exposition Cameroun (mission Henri Labouret), pérennisée en une salle du Cameroun.

Mars  : Exposition de tapisseries de l’ancien Pérou, organisée au musée des Gobelins en collaboration avec le MET.

18 mars-19 mai  : Exposition African Negro Art, au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, organisée par James Johnson Sweeney, Robert Goldwater et Charles Ratton. C’est la première exposition d’art africain dans un musée d’art moderne. Le MET prête des objets. Paul Rivet et GHR (qui avait rencontré Alfred Barr, le directeur du MoMA, en 1929) avaient recommandé Charles Ratton en tant que commissaire d’exposition.

12 avril  : Inauguration des salles d’Asie en même temps que des trois expositions : Visions d’Indonésie ; Siam (photographies par Raymond Plion) ; Présentation des résultats de la mission au Kabinda (Congo portugais) du R. P. Tastevin. L’installation définitive de cette dernière salle clôture les travaux d’aménagement entamés trois ans plus tôt… alors que le musée va définitivement fermer ses portes dans quatre mois pour être démoli.

15 avril  : « Petit champagne ethnographique », présidé par le maréchal Franchet d’Esperay, en l’honneur du prix Gringoire décerné aux Flambeurs d’hommes de Marcel Griaule et du retour de mission d’Alfred Métraux à l’île de Pâques.

23 avril  : Début du cycle de radio-conférences prononcées par des membres du réseau de scientifiques, ethnologues, explorateurs, écrivains et artistes gravitant autour du MET : « Voyages et explorations. Conférences du Musée d’ethnographie du Trocadéro ». Jusqu’au 28 août 1939, 126 causeries ethnologiques seront ainsi programmées sur les ondes de Paris P.T.T.

28 avril  : Un « thé ethnographique » dit « thé Wildenstein » salue le retour de la mission Sahara-Soudan en présence des missionnaires et des habitués du musée.

17 mai  : Inauguration des expositions Art populaire baltique. Lettonie. Estonie. Lituanie dans la nouvelle salle d’Europe ; Outils et armes de pierre emmanchés (organisé par André Vayson de Pradenne) ; Arts-peau rouge d’aujourd’hui (dessins des élèves de l’école indienne de Santa Fe présentés par le peintre Paul Coze) ; Nouvelle-Guinée (photographies par Edmond Demaitre) ; Maroc (photographies par André Steiner).

21 juin  : Réception scientifique et mondaine célébrant le troisième centenaire du Muséum avec inauguration de trois expositions : Île de Pâques (mission franco-belge en Océanie, mission Lavachery-Métraux), préparée par Alfred Métraux et Divonne Ratton ; présentation des résultats scientifiques des missions Reygasse au Sahara et de la mission Le Cœur au Tibesti. Pour donner encore plus de relief à l’inauguration, la grande tête moai, emblème du musée qui figure sur de nombreuses affiches, est transportée sur la place du Trocadéro sans avoir reçu l’autorisation du commissariat de police. Mélanie de Vilmorin, la mère de Louise, avait fourni des plaquettes de gazon pour suggérer l’environnement champêtre… Le petit catalogue est préfacé par Paul Morand. L’exposition Ile de Pâques est un très grand succès public.

5 juillet  : Après une visite de Gaston Gallimard au musée, une discussion s’engage avec Paul Rivet et GHR pour créer une collection d’ouvrages ethnologiques consacrée aux « Peuples exotiques ». Une première mouture de programmation est bâtie avec des propositions d’ethnologues du réseau du MET. Alfred Métraux va jouer un rôle central dans la programmation de la collection qui se nommera finalement « L’espèce humaine » (d’après le titre du volume de l’Encyclopédie française parue en mars 1936 sous la direction de Rivet). C’est Maurice Leenhardt, avec Gens de la grande terre qui inaugurera la collection en 1937. À partir de janvier 1948, elle sera dirigée par Michel Leiris.

15 août  : Le Musée d’ethnographie du Trocadéro ferme ses portes. De nombreuses expositions étaient déjà programmées : le peuple autrichien (organisée par Marie-Anne Cochet) ; la neige et les sports d’hiver (Jacques Faublée) ; la mission Thérèse Rivière et Germaine Tillion dans les Aurès ; Dans les falaises du Soudan (3e mission Griaule et mission Paulme-Lifchitz) ; Deux ans chez les Moï (mission Georges Devereux) ; L’aube de la vie. La mère et l’enfant (organisée par Curt Sachs) ; Africa in America (Paul Kirchhoff) ; Noël (les enfants eskimo et lapons, par André Leroi-Gourhan) ; l’Himalaya ; le tricentenaire des Antilles françaises ; la Grèce ou l’Espagne ; l’ethnographie nord-amérindienne ; les résultats de diverses missions ethnographiques.

Avant les travaux, commence l’emballement des collections dans des caisses. Tout le personnel du musée continuera à travailler sur place pendant la durée des travaux.

5 décembre  : De retour de mission après leur hivernage au Groenland, Paul-Émile Victor, Robert Gessain et Michel Perez exposent leurs photographies et quelques objets ethnographiques dans les salons du Figaro.

1936

16 janvier  : L’intitulé de la chaire d’anthropologie occupée par Paul Rivet au Muséum d’histoire naturelle change à sa demande : elle devient « chaire d’ethnologie des hommes actuels et des hommes fossiles ». Le laboratoire du Muséum, dont dépend le musée, est rebaptisé de même le 16 juin. Les collections de préhistoire et de paléontologie humaine du Muséum entrent dorénavant dans le périmètre de la nouvelle chaire, et rejoindront les collections ethnographiques du futur Musée de l’Homme.

4 février au soir  : Festival Groenland organisé salle Pleyel, présidé par le Dr Charcot, pour lever des fonds pour la prochaine expédition française au Groenland en 1936-1937 (Robert Gessain, Paul-Émile Victor, Michel Perez), sous le patronage de la Société de géographie, le Club alpin français, le Ski club de Paris et sous les auspices du MET.

Mars  : Parution, sous la direction de Paul Rivet, du tome 7 de l’Encyclopédie française : L’Espèce humaine. Outre Paul Rivet lui-même, plusieurs ethnologues appartenant au musée et son réseau y participent : Marcel Griaule, Michel Leiris, André Leroi-Gourhan, Paul Lester, Anatole Lewitzky, Alfred Métraux, Jacques Soustelle.

Été  : GHR fait une tournée des musées d’URSS.

1937

Janvier  : Premier numéro de la revue Races et Racisme, publiée par le Groupement d’étude et d’information du même nom, organe scientifique et militant alertant sur les dangers du racisme instrumentalisé par les totalitarismes. Paul Rivet fait partie du comité directeur. Douze livraisons (parfois doubles ou triples) paraîtront jusqu’en décembre 1939, le dernier numéro (n°16-18) étant consacré à « La science des races au Musée de l’Homme ».

21 janvier-3 février  : Première exposition du Musée de l’Homme hors les murs, organisée à l’initiative de GHR : Indiens du Matto Grosso (mission ethnologique au Brésil de Claude et Dina Lévi-Strauss, novembre 1936-mars 1936), à la galerie de Georges Wildenstein.

25 mai - 25 novembre  : Exposition internationale des « Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne » de Paris.

1er Mai  : Création du Musée national des arts et traditions populaires fondé et dirigé par Georges Henri Rivière. Mal logé (jusqu’en 1972), le musée est abrité dans l’aile Paris du palais de Chaillot, avec quelques bureaux et une galerie d’exposition. À la différence de Paul Rivet qui avait voulu que le Musée d’ethnographie du Trocadéro puis le Musée de l’Homme dépende du Muséum et, au-delà, du ministère de l’Éducation nationale, GHR a préféré la tutelle du ministère des Beaux-Arts.

26 mai  : Georges Henri Rivière est nommé conservateur en chef du Musée des arts et traditions populaires. Jusqu’au dernier moment, avec toute l’équipe technique et scientifique, il a participé à l’élaboration du projet du musée de l’homme, à sa future muséographie et scénographie. Il est remplacé dans ses fonctions de sous-directeur par Jacques Soustelle, dauphin de Paul Rivet.

1938

20 juin  : Quelques jours après une inauguration « ouvrière » en l’honneur de tous les corps de métier ayant œuvré sur le chantier du musée pendant trois ans, ouverture officielle du Musée de l’Homme, avec un an de retard. Le musée est situé dans l’aile Passy du palais de Chaillot, à côté du Musée de la marine. Paul Rivet est son fondateur et directeur. L’exposition Le Voyage de la Korrigane en Océanie est la première grande exposition temporaire du nouveau musée ; son catalogue est préfacé par Paul Valéry. Donnée le soir de l’inauguration grâce au mécénat de la vicomtesse Marie-Laure de Noailles (grâce à l’intercession de GHR) qui l’avait commandée, une Cantate de Darius Milhaud égrène ses notes sur un texte de Robert Desnos. Des vers de Paul Valéry, ami intime de Paul Rivet, ornent en lettres d’or les frontons du palais du Trocadéro : « Choses rares ou Choses belles/Ici savamment assemblées/Instruisent l’œil à regarder/Comme jamais vues/Toutes choses qui sont au monde ».




[1La chronologie est essentiellement le fruit de la consultation des archives du Musée d’ethnographie du Trocadéro conservées à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle. La riche thèse de doctorat de Fabrice Grognet, Le concept de musée. La patrimonialisation de la culture des « autres ». D’une rive à l’autre, du Trocadéro à Branly : histoire de métamorphoses, EHESS, 2008, a permis d’affiner quelques dates entre les années 1877 et 1889.