« Un franciscain linguiste dans le Chaco occidental : biographie de Pedro León de Santiago »

par María Agustina Morando

CONICET (Buenos Aires), CIHA (Santa Cruz de la Sierra)


2018

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Pour citer cet article

Morando, María Agustina, 2018. « Un franciscain linguiste dans le Chaco occidental : biographie de Pedro León de Santiago » in Bérose, Encyclopédie en ligne sur l’histoire de l’anthropologie et des savoirs ethnographiques, Paris, IIAC-LAHIC, UMR 8177.

Publié dans le cadre du thème de recherche « Anthropologie des basses terres sud-américaines » (Bérose), dirigé par Isabelle Combès (IFEA, CIHA - Santa Cruz de la Sierra ; TEIAA Barcelona), Lorena Cordoba (CONICET, Buenos Aires - CIHA - Santa Cruz de la Sierra) et Diego Villar (CONICET, Buenos Aires - CIHA - Santa Cruz de la Sierra).

Pedro León de Santiago est né entre 1746 et 1747 dans la ville de Samiano, Espagne. En 1777, il s’embarque à Victoria (Cantabrie) pour l’Amérique du Sud. Dès son arrivée la même année, il participe à une mission d’exploration de la Patagonie et arrive trois ans plus tard à Tarija (actuelle Bolivie) pour rejoindre le Colegio de Propaganda Fide en tant que missionnaire franciscain (Saignes 1985). Pour mieux comprendre les dimensions ethnographiques et linguistiques de son œuvre, il est important de se concentrer tout d’abord brièvement sur sa mission évangélisatrice, ses enjeux pratiques et d’ordre matériel.

Missionnaire et bâtisseur

Après avoir rejoint le Colegio de Propaganda Fide, il est immédiatement affecté à la mission de Salinas, originellement fondée en 1735 par des jésuites, où il reste environ six ans. Fin 1785, il est envoyé avec le franciscain Narciso Vesga Otéo à la mission de la Santísima Trinidad de Abapó, après la mort du directeur de celle-ci, pour accomplir des tâ
ches organisationnelles. Celles-ci consistent principalement à mener à bien des travaux de construction. La mission d’Abapó avait été fondée par le franciscain Francisco del Pilar en 1770 (Comajuncosa et Corrado 1990 [1884] : 135). Le travail de León de Santiago a été largement documenté par les franciscains Manuel Mingo de la Concepción et Antonio Comajuncosa. « Dieu l’a doté de toutes les compétences en mécanique, il s’est appliqué à les enseigner à ses Indiens ; il laissa ainsi dans ce village des tisserands, des tailleurs, des cordonniers, des charpentiers, des forgerons, des maçons, des cordiers et des artisans d’autres métiers qui sont de grande utilité pour tous » écrit Comajuncosa (1990 [1810] : 142-143) [1].

L’un des ouvrages les plus importants à Abapó est la construction d’une chapelle. Elle remplace définitivement l’église qui avait été édifiée en 1771 par l’ancien commissaire des missions, Manuel Gil et les prêtres José Tadeo Caballero et Francisco León Caballero (Mingo de la Concepción 1996 [1791] : 204). Le nouvel édifice comporte deux tours dans lesquelles sont placées deux cloches, et une troisième abrite une horloge en fer que Pedro León de Santiago a fabriquée lui-même avec l’aide des Indiens de la mission [2]. En plus de l’église, il travaille à établir une place large d’une centaine de varas [3], décrite comme « belle et exceptionnelle » et entourée de maisons (Mingo de la Concepción 1996 [1791] : 217). Il crée, avec Narciso Vesga Otéo, deux écoles (une pour les garçons et une pour les filles) dont les enseignants sont salariés. Les filles apprennent la doctrine chrétienne, à filer et tisser ; quant aux garçons, on leur enseigne le catéchisme mais aussi à lire et écrire (ibid.).

Documenter la langue chiriguano

Avec la création du Colegio de Propaganda Fide en 1755, l’apprentissage de la langue devient une priorité et un instrument important pour l’évangélisation des indigènes dont la conversion au christianisme avait échoué en raison de la grande résistance qu’ils offraient. Ces indigènes ont été largement décrits dans les sources historiques comme « pervers », « malveillants », « nuisibles », « apostats », « sorciers », « perfides » ou bien « féroces » (Saignes 2007). De fait, à partir du XVIe siècle, différents ordres religieux établis à Tarija (jésuites de la province jésuite du Pérou, Mercédaires et Augustins), avaient tenté de les évangéliser, sans aucun succès. Malgré cela, en 1755, les missionnaires de l’ordre franciscain fondent leur propre Colegio de Propaganda Fide dans la ville de Tarija et commencent à s’aventurer parmi les indigènes du Chaco occidental, qui compte 21 missions près d’un demi-siècle plus tard (Combès 2015b).

Confronté au manque d’instruments linguistiques nécessaires pour mener à bien l’évangélisation des Chiriguano, Mingo de la Concepción remarque que, vers la fin du XVIIIe siècle, « il n’existe aucun livre imprimé dans la langue des Chiriguanos et ne nous sont utiles que les livres déjà imprimés de la langue Guarani, de l’utilité desquels je dirai quelques mots » (Mingo de la Concepción 1996 [1791] : 97). Le frère se réfère alors au Catecismo (1640b), au Tesoro (1639) et à l’Arte de la Lengua Guaraní du père Antonio Ruiz de Montoya. Dans ce contexte où la nécessité de connaître la langue indigène était impérieuse, on comprend mieux pourquoi le plus grand apport du séjour de León de Santiago parmi les Chiriguano est son Diccionario Breve Chiriguanae, manuscrit non publié à l’époque. Cette œuvre linguistique est encore indispensable pour connaître plus en profondeur la langue parlée par ce groupe amérindien. Historiquement, il constitue un premier effort pour la documentation de la langue chiriguano. Le Diccionario Breve Chiriguanae constitue l’une des œuvres les plus importantes pour la période coloniale franciscaine dans le Chaco occidental parmi les Indiens chiriguano ; León de Santiago a pu s’inspirer des travaux de Ruiz de Montoya, surtout le Tesoro de la Lengua Guaraní (1639) à partir duquel il a développé son propre travail en tenant compte du fait que ce livre était largement connu et utilisé dans les collèges de différents ordres religieux établis en Amérique du Sud (Morando 2017). Déclaré perdu au début des années 1860, le Diccionario Breve Chiriguanae est retrouvé en 1905, moment où il retourne au Colegio Franciscano de Tarija dans un moment où la sécularisation des missions se prépare (Calzavarini 1998).

Le dictionnaire couvre un vaste répertoire de domaines thématiques, qui peut être lié au désir des franciscains de documenter et d’enregistrer la langue et la culture guarani, ce qui correspond à leur projet évangélisateur. Ceci est particulièrement important pour la connaissance de la langue chiriguano, en particulier de la variante dialectale « ava » [4]. Citons à titre d’exemple une entrée de son dictionnaire qui appartient au domaine thématique de la culture et qui illustre la façon dont le franciscain enregistre les informations : « Paye  : sorciers, qu’ils appellent sorciers, mais qui en réalité sont de vils menteurs ; aba paye, cuña paye, indien et indienne sorciers ; ipayebae qui est un sorcier ; payeja sorcellerie, sort ; payepe omano il est mort à cause du sorcier, des sortilèges » (Léon de Santiago 1791 : 134).

Ce dictionnaire a été réédité en 1998 par le franciscain Iván Nasini et le chercheur guaraní Elio Ortiz (León de Santiago 1998 [1791]). Dans cette réédition, l’orthographe a été modifiée pour tenir compte de celle utilisée pour le guarani paraguayen, corrigeant aussi par là même l’ordre alphabétique original du dictionnaire, afin d’en assurer une meilleure diffusion (Nasini et Ortiz 1998 [1791] : vii). Selon les éditeurs en effet, ce dictionnaire, fruit du long travail missionnaire du franciscain, « n’avait pas l’importance qu’il méritait » (ibid.). Ils considèrent que ce dictionnaire a peut-être son origine dans les notes personnelles écrites par l’auteur d’après ses propres observations [5] et qu’il est d’une valeur linguistique « incontestable » pour mieux connaître le passé de cette langue. Publier un tel travail doit, à leurs yeux, contribuer à promouvoir la connaissance et la revitalisation de la langue chiriguano (ibid. : viii).

Des notes ethnographiques

León de Santiago a également écrit une série de notes sur les Chiriguano intitulées : Que los chiriguanes tienen ventajosas proporciones respecto de otras muchas naciones bárbaras para recibir el Evangelio (Que les Chiriguanos présentent d’avantageuses dispositions par rapport à de nombreuses autres nations barbares, pour recevoir l’Évangile) (Saignes 1985 : 225-231). Ce texte a une certaine importance ethnographique, car y sont exposées diverses informations sur ce groupe indigène. Ainsi, on y trouve des données sur leurs croyances, leur langue, leur physionomie, leurs conditions de vie et leur environnement. Le franciscain a même consacré plusieurs paragraphes à la description de certaines pratiques qui attirent particulièrement son attention chez les Chiriguano telles que les beuveries et les suicides par pendaison.

Au sujet des croyances, il souligne que ces indigènes pensent que leur bonne ou mauvaise fortune est annoncée par des oiseaux et d’autres animaux. Ils possèdent en outre leurs propres sorciers capables de transmettre ou bien de guérir la maladie. En ce qui concerne leur langue, il la décrit comme « vive » et capable d’exprimer le raisonnement avec de la « vivacité » (Saignes 1985 : 229). S’agissant de leur apparence, il décrit les indigènes comme « élégants » et « bien formés », avec une « physionomie agréable », une « grandeur dʼâme » et « une disposition corporelle comparable à celle de n’importe qui » (Saignes 1985 : 228).

Il explique qu »on ne se livre pas aux beuveries en privé, qu »elles sont « conformes à celles qui se produisaient dans les réunions des premiers hommes ». Pourtant, il ne fournit pas d’informations supplémentaires qui pourraient éclairer ce point. León de Santiago a aussi laissé des notes intéressantes sur le suicide par pendaison chez les Chiriguano. Il s’agirait, dit-il, d’une coutume relativement répandue parmi ces indigènes. Il en explique la raison de la manière suivante : « Si quelqu’un se pend, c’est désespéré et sous l’emprise du démon : une femme que son mari traite pire qu’un Perse [sic], ou un homme qui pense (ou imagine) qu’un châtiment ou que sa vie sera plus âpre et plus dure que la mort elle-même » (Saignes 1985 : 227). Il est important de noter que le franciscain admet qu’il n’en a jamais observé personnellement un seul cas mais a seulement eu connaissance de trois (Saignes 1985 : 226).

Un autre fait intéressant à souligner est que León de Santiago considère ici que les caractéristiques culturelles de ces indigènes sont singulièrement favorables à la réception de l’Évangile. À cet égard, « la nature est peu corrompue en eux [chez les Chiriguano] écrit-il. Car si la nature est déjà corrompue, l’entendement [est] vicié, la volonté dépravée et soumise à la chair » (Saignes 1985 : 224).

Cartographier le Chaco occidental

Pendant son long séjour dans le Chaco, Pedro León de Santiago confectionne aussi au moins quatre cartes différentes de la région. La première s’apparente plutôt à un croquis datant de 1790 [6]. Ce croquis est orienté en prenant comme point de référence la mission dʼAbapó. León de Santiago y note les noms de sept villages indigènes (surtout chiriguano et chané) situés sur les rives du fleuve Parapiti dans la région de l’Isoso (Combès 2015a). Trois ans plus tard, le franciscain dresse une autre carte beaucoup plus complète sur laquelle il indique les différentes caractéristiques géographiques de la région, les principales villes, villages, et missions ainsi que les divers groupes indigènes [7]. Une particularité de cette carte est que la signature de León de Santiago, située dans le coin inférieur gauche, a été quasi entièrement découpée. Pourtant ce qu’il en reste nous permet d’assurer qu’il en est effectivement l’auteur. En 1794, il réalise une autre carte complète du Chaco occidental. Dans le coin supérieur droit de cette carte, on lit : « une échelle de 25 lieues, 20 degrés. Pour connaître la distance il suffit de multiplier par deux les lieues que marque le compas et on ne fera pas d’erreurs [8] ». On ignore malheureusement ce qu’il est advenu de cette carte, mais il en existe une copie photographique dans les archives franciscaines de Tarija, commandée par Doroteo Giannecchini au début du XXe siècle (Calzavarini 1998). Enfin, la dernière carte du franciscain dont on ait connaissance est conservée à la bibliothèque Lilly de l’université de l’Indiana [9]. Elle n’est pas datée, mais contient une quantité considérable de descriptions sur les Chiriguano. En effet, son but était de situer leurs villages et les missions qu’ils habitaient. Il est important de remarquer qu’il existait déjà pour la zone de la cordillère chiriguano deux cartes : l’une, dessinée en 1558, par le Licenciado Cepeda de lʼAudiencia de Charcas et l’autre, dressée en 1788, par le gouverneur de la Nouvelle Intendance de Cochabamba, Francisco de Viedma (Combès 2016 : 52). Cependant, la carte de Cepeda appartient à une époque où les Espagnols ne connaissaient pas véritablement ce territoire, et offre peu d’informations. Celle de Viedma, beaucoup plus détaillée, ne représente qu’une petite portion de la cordillère chiriguano. De ce fait, le travail cartographique de Santiago de León est le premier à offrir un panorama complet et détaillé de la région. Ces cartes constituent, en effet, une source documentaire majeure pour reconstituer l’ethnohistoire des Chiriguano et du Chaco occidental.

En 1799, le P. Antonio Comajuncosa nomme finalement León de Santiago vice-préfet et président des Missions. Un an plus tard, le 23 mai 1800, l’infatigable franciscain s’éteint à Abapó à l’âge de 53 ans et est enterré dans la mission même (Calzavarini 2004 ; Saignes 1985). Au début des guerres d’indépendance en Amérique du Sud, le travail qu’il a accompli à Abapó subit les bouleversements de l’histoire. Comme les quatorze autres missions de la province de Cordillera, Abapó se transforme en champ de bataille entre troupes royalistes et troupes indépendantistes. La mission, totalement détruite, n’existe plus que dans le pâle souvenir du franciscain Alejandro Corrado (1990 [1884] : 290) : « les champs de canne et de coton ravagés, le bétail disparu. Ils ont transformé des cloches en poêles. Les pièces de la belle horloge d’Abapó ont été transformées en lances, ses poids en balles » [10].

Bibliographie

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Calzavarini, Lorenzo, 1998. “El diccionario Chiriguano de Fray Pedro León de Santiago y la obra lingüística de los Franciscanos de Tarija”, Cántaro, N° 142. En ligne : http://www.franciscanosdetarija.com/pag/artced/cantaro/1998/0142/040_calz.php

— 2004. Presencia franciscana y formación intercultural en el sudeste de Bolivia según documentos del archivo franciscano de Tarija, 1606-1936, Tomo III : Audiencia de Charcas. Tarija, Centro Eclesial de Documentación.

Comajuncosa, Antonio. 1884[1810]. “Manifiesto histórico…”. El Colegio franciscano de Tarija y sus misiones. Noticias históricas recogidas por dos misioneros del mismo Colegio. Antonio Comajuncosa et Alejandro Corrado. Tarija, Ed. Offset Franciscana, t. 1 : 75-275.

Combès, Isabelle, 2016. Historia del pérfido Cuñamboy. La Cordillera chiriguana en los albores de la independencia de Bolivia. Cochabamba, Itinerarios Editorial.

— 2015a. « Acerca de un mapa del Isoso de 1790 », Anuario de Estudios Bolivianos, Archivísticos y Bibliográficos, n° 21, p. 581-594.

— 2015b. “Historia franciscana y etnografía chiriguana”, Boletín americanista, 70, p. 57–72.

Corrado, Alejandro. 1990 [1884]. “Preliminares” et “Continuación de la historia del Colegio Franciscano de Tarija”. El Colegio franciscano de Tarija y sus misiones. Noticias históricas recogidas por dos misioneros del mismo Colegio. Antonio Comajuncosa et Alejandro Corrado. Tarija, Ed. Offset franciscana, t. 1 : 3-72, t. 2 : 279-503.

Dietrich, Wolf, 1986. El idioma chiriguano. Gramática, textos, vocabulario. Madrid, Ediciones Cultura Hispánica.

Mingo de la Concepción, Manuel. 1996 [1791]. Historia de las Misiones Franciscanas de Tarija entre Chiriguanos. Tomo I. Tarija, Editorial Universitaria.

León de Santiago, Pedro, 1791. Diccionario Breve Chiriguanae. Tarija, Archivo Franciscano de Tarija. MS 11.

— 1998 [1791] Diccionario guaraní castellano y castellano guaraní [Éditiondʼ Iván Nasiniet Elio Ortíz]. Tarija, Centro Eclesial de Documentación.

Morando, María Agustina, 2017. “Lexicografía chiriguana en perspectiva comparada : los Guaraníes de Ruiz de Montoya y León de Santiago”, Revista de Antropología del Museo de Entre Ríos, 3 (1), p. 27-45.

Nasini, Iván, et Elio Ortíz, 1998 [1791]. « Prólogo”, Diccionario guaraní-castellano y castellano-guaraní 1791. Pedro León de Santiago. Tarija/ Camiri, Archivo Franciscano de Tarija/ Teko Guaraní, p. VII-VIII.

Ruiz de Montoya, Antonio, 1640a. Arte y bocabvlario de la lengua gvaraní. Compuesto por el padre Antonio Ruiz de la Compañia de Iesus. Madrid, Juan Sánchez.

— 1640b. Catecismo de la lengua guaraní. Compuesto por el padre Antonio Ruiz de la Compañia de Iesus. Madrid, Diego Díaz de la Carrera.

— 1639. Tesoro de la lengua Guaraní. Compuesto por el padre Antonio Ruiz de la Compañia de Iesus. Madrid, Juan Sánchez.

Saignes, Thierry, 1985. « Chiriguanos, jésuites et franciscains : généalogie du regard missionnaire », Naissance de lʼethnologie ? Anthropologie et missions en Amérique (XVIe-XVIIIe siècle). Claude Blanckaert (ed.). Paris, Éditions du Cerf.

— 2007. Historia del pueblo chiriguano. (textes réunis par, introduction et notes : Isabelle Combès.). Lima, Instituto Francés de Estudios Andinos.




Notes

[1« Dios lo dotó de todas las habilidades mecánicas, se aplicó a enseñarles a sus indios ; y así dejó en aquel pueblo una porción de tejedores, sastres, zapateros, carpinteros, herreros, albañiles, lomilleros y otros oficios, que sirven de grande utilidad para todos. »(traduction de l’auteure)

[2Le franciscain Mingo de la Concepción écrit à ce sujet : « L’église a une longueur de quarante-quatre varas et une largeur de quatorze et demi ou quinze. Elle a trois nefs et huit colonnes. Elle a un chœur élevé et, à l’extérieur, au-dessus de la porte principale, un balcon avec un bon toit, pour la protéger des averses et du soleil. Cette église a trois bonnes et grandes portes, deux sacristies et deux grandes et belles tours dans lesquelles six bonnes cloches ont été placées, bien qu’il en manque actuellement une parce qu’elle a été brisée. À l’intérieur elle est très décorée avec trois autels très élégants, sur tout l’autel principal avec une belle toile de la Sainte Trinité, mais aussi de nombreux beaux ornements pour dire la messe, qui resplendissent dans l’église » (Mingo de la Concepción 1996 [1791] : 214-215) (traduction de l’auteure).

[3Mesure de longueur équivalente à 85 cm.

[4La langue chiriguano a, du point de vue linguistique, cinq variantes dialectales : l’ava, le chané, le simba, l’isoseño et le tapiete (Dietrich 1986 ; Aikhenvald 1999).

[5En effet, León de Santiago explique dans le texte Que los chiriguanes tienen ventajosas proporciones respecto de otras muchas naciones bárbaras para recibir el Evangelio, qu’il écrit en vertu de « presque treize ans d’exercice continu et d’observations très exactes (que mon talent a recueillies) » (Saignes 1985 : 230).

[6Elle est conservée aux Archives nationales de Bolivie (ABNB, MyCh GRM, vol. 27 nº XXXVI, f. 31)

[7Cette carte est à présent conservée aux Archives générales de la nation argentine (Salle IX-Dossier 2730).

[8« A escala de 25 leguas, 20 C.N. grados. Para saber la distancia no hay más que doblar las leguas que da el compás y se errará poco » (Traduction de l’auteure).

[9Sous la cote LMC 1606-OV2.

[10« Los cañaverales y algodonales arrasados ; los ganados consumidos. De algunas campanas se hicieron pailas : las piezas del hermoso reloj de Abapó fueron convertidas en lanzas, sus pesas en balas » (traduction de l’auteure).