"The International Institute of African Languages and Cultures"

par Frederick Lugard

1928

Référence complète

Lugard Frederick D., 1928. "The International Institute of African Languages and Cultures", Africa : Journal of the International African Institute, Vol. 1, No., pp. 1-12.

Mots-clés

Linguistique | Anthropologie sociale et culturelle | Anthropologie appliquée | Colonialisme britannique | XXe | Etudes africaines

N.B.

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EXTRAIT DE L’ARTICLE

Résumé en français :

« L’Institut se propose deux buts principaux. Il entend d’abord être un bureau général d’information destiné à recueillir et à diffuser les renseignements de toute nature relatifs aux langues, aux civilisations, aux problèmes particuliers intéressant l’Afrique. Il s’efforcera, en même temps, d’établir la liaison entre les spécialistes qui s’occupent de ces questions. Il cherchera ensuite à unir la science aux expériences pratiques en indiquant comment les découvertes de la première peuvent être utilisées pour l’administration, l’éducation, l’hygiène, le bien-être, l’évolution des Africains. Des recherches sur les bases de la propriété foncière et du droit, la notion de délit et les idées qui s’y rattachent, aideront puissamment les magistrats ayant à trancher des litiges ou à réprimer des infractions. Par ailleurs des enquêtes sur les effets du contact entre les civilisations européennes et africaines, les modifications qui découlent de celui-ci, et les transformations de la vie intéresseront l’agriculture, l’élevage, le commerce, la colonisation. Pour répandre les informations ainsi recueillies, l’Institut dispose d’abord de son Journal, et en outre de deux séries de publications : la première, rédigée par des spécialistes choisis, contiendra des monographies sur tous les sujets intéressant l’Institut ; la seconde, formée de documents africains, comportera des textes, écrits dans leur idiome par des indigènes, sur la religion, les coutumes, les mythes, les légendes, les traditions historiques et autres, les institutions sociales, ainsi que des contes, proverbes et énigmes, le tout sera traduit en une langue européenne. Dès sa création l’Institut s’est efforcé de préparer l’adoption d’une orthographe pratique pour les langues africaines en publiant un Mémoire à ce sujet, après avoir consulté les savants les plus qualifiés de différents pays. D’autre part, diverses enquêtes ont été entreprises pour déterminer par région l’idiome qui devra prévaloir parmi plusieurs dialectes apparentés et devenir la langue littéraire dans laquelle seront imprimés les livres. Un premier résultat a été obtenu dans cet ordre d’idées par le Professeur Westermann, qui, durant une mission récente en Gold-Coast, a pu formuler un avis sur l’écriture commune à adopter pour les différents parlers dont il est fait usage dans cette possession. L’Institut est pleinement conscient que la littérature scolaire actuelle n’est pas aussi bien adaptée au milieu africain qu’elle devrait l’être. Il souhaite la modifier en soumettant à l’examen d’experts qualifiés deux ou trois des meilleurs ouvrages qui seront remaniés et améliorés en vue de nouvelles éditions et pourront ainsi servir de modèles. L’Institut se préoccupe de rendre également des services dans le domaine anthropologique ; à cet effet, l’un des Directeurs, M. Labouret, a rédigé, en collaboration avec plusieurs savants, deux mémoires contenant un plan pour l’étude de la famille indigène. Enfin, l’Institut a entrepris la préparation d’une bibliographie complète des ouvrages publiés en langues indigènes et en langues européennes sur les sujets qui l’intéressent, en se basant sur la "Bibliography of Christian Literature", publiée en 1923 et complétée en 1927 par le Chanoine F. Rowling et le Rév. C. E. Wilson ; il utilisera en outre les travaux du Dr Struck et espère arriver à produire ainsi un document complet. Le succès de l’Institut dépend avant tout des personnalités qui guideront son activité ; il a eu la bonne fortune d’obtenir les services comme Directeurs de deux hommes remplissant les qualités requises : M. Delafosse, ancien Gouverneur des Colonies en Afrique Occidentale, professeur à l’École des Langues Orientales Vivantes de Paris, et le Professeur D. Westermann de l’Université de Berlin. Malheureusement M. Delafosse mourut au bout de peu de temps. Il a été remplacé par M. H. Labouret, professeur à l’École Coloniale et à l’École des Langues Orientales Vivantes, et qui, comme M. Westermann, a vécu longtemps en Afrique. Le Secrétaire général, M. H. Vischer, parle avec une égale facilité trois langues européennes et plusieurs idiomes indigènes, il est doué de remarquables qualités d’organisation et lui aussi connaît bien l’Afrique. La Secrétaire, Miss D. G. Brackett, réussit pleinement à assurer une correspondance considérable en trois langues et à veiller aux multiples détails d’organisation. Il convient, avant de terminer, d’exposer sommairement la genèse de l’Institut. Le 21 septembre 1925 les principaux spécialistes des langues africaines, réunis à Londres, se mettaient d’accord pour former un nouvel organisme dont ils déterminaient le but et l’objet ; ils décidaient en outre d’engager les sociétés scientifiques, les missions, les corps de l’enseignement à se faire représenter à une réunion ultérieure. En juin 1926 les délégués de Grande-Bretagne, France, Belgique, Italie, Afrique du Sud, Autriche, Allemagne, Suède, États-Unis et d’Égypte se recontraient à Londres pour constituer l’Institut international et désigner un Conseil administratif de soixante membres au maximum, pris parmi les représentants des corps ou sociétés mentionnés p. 8 de l’article en anglais. De plus, un Conseil exécutif fut choisi pour diriger et prendre la responsabilité des affaires de l’Institut. Il se compose de quinze membres au plus, pris en Autriche, Allemagne, Belgique, France, Grande-Bretagne et Italie. Un article spécial des statuts accorde la possibilité à certains membres du Conseil administratif habitant des contrées éloignées, l’Amérique ou l’Afrique du Sud par exemple, d’être exceptionnellement admis au sein du Conseil exécutif lorsqu’ils se trouvent en Europe au moment de la session de ce Conseil. Les membres actuels du Conseil exécutif sont indiqués p. 10 de l’article en anglais ; ils ont eu à remplir au début une tâche importante et difficile en rédigeant les statuts avec l’aide gracieuse de M. Lawrence Jones et Cie, Solicitors honoraires de l’Institut. En dehors des Sessions les affaires ordinaires sont traitées, lorsqu’il y a lieu, par un Business Committee composé de membres du Conseil habitant Londres. En juin 1926 le Gouvernement Britannique invita les délégués à un déjeuner présidé par l’Hon. L. C. M. S. Amery, Ministre des Colonies, qui résuma de la façon suivante l’œuvre que se propose d’entreprendre l’Institut. Il remarqua que le contact de l’Africain avec la civilisation moderne peut être profitable ou désastreux, tout dépendant de l’impression produite sur l’esprit de l’indigène. L’éducation est en conséquence ce qui est le plus nécessaire en ce moment. Non pas une éducation empruntée tout entière au dehors, mais au contraire transmise aux intéressés dans leur propre langue pour faire d’eux des hommes et de bons citoyens. L’idiome et la pensée sont en effet indissolublement liés. Mais il existe une quantité de parlers différents soulevant des problèmes compliqués et qui ne peuvent être résolus que par des organismes spécialisés et internationaux tels que l’Institut. Le Ministre ajouta qu’il suivrait avec le plus vif intérêt les efforts du nouvel organisme et les résultats pratiques d’une œuvre entreprise pour le bonheur de millions d’individus qui luttent afin de trouver leur expression et leur vraie place dans le monde. »

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