« L’Annuaire des traditions populaires. Historique »

par Christelle Ventura

IIAC-LAHIC, Paris


2011

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Pour citer cet article

Ventura, Christelle, 2011. « L’Annuaire des traditions populaires. Historique » in Bérose, Encyclopédie en ligne sur l’histoire de l’anthropologie et des savoirs ethnographiques, Paris, IIAC-LAHIC, UMR 8177.

Mots-clés

Sociabilité savante | Traditions populaires | Revues et périodiques

En 1886, Paul Sébillot, fondateur de la Société des traditions populaires et de la revue qui lui est associée, la Revue des traditions populaires, organise la parution annuelle d’un annuaire de la Société. Publié par la Société, au Musée d’ethnographie du Trocadéro qui l’héberge, puis chez Émile Chevalier et Ernest Leroux (1894), l’Annuaire comprend six livraisons (1886-1890 et 1894).

La première livraison (35 p.) est imprimée par Émile Colin à Saint-Germain, ce premier Annuaire comprend les statuts de la société, son règlement et les membres de son bureau et de son comité ainsi, mais aussi la liste des membres de la société et des abonnés à la Revue des traditions populaires. En 1894, Paul Sébillot rédige un avant-propos au sixième annuaire et revient sur les publications antérieures, analysant ainsi la revue :

« Le premier, à la rédaction duquel nous n’avons eu aucune part, contient des erreurs matérielles et ne présente d’ailleurs aucun intérêt. Dans le second et le troisième, il y a plusieurs documents intéressants, et un certain nombre de contes, de chansons et de monographie. Ceux qui suivirent ne contiennent que des documents : on pensa qu’il était inutile, puisqu’on avait une revue spéciale, d’y faire entrer des articles qui pouvaient tout aussi bien figurer dans la publication mensuelle de la Société. Le sixième est avant tout documentaire. Nous avons essayé d’y donner les détails essentiels sur le fonctionnement des diverses sociétés » (Paul Sébillot, « Avant propos », ATP, 1894, p. II-III)

En effet, l’Annuaire prend une nouvelle forme dès 1887 (183 p.) Il contient un important article sur les Dîners de Ma Mère l’Oye (ATP, 1887, p. 25-30), des biographies, transcriptions qui font de lui un véritable outil documentaire. Y sont également publiés des questionnaires faisant de l’Annuaire une source de diffusion de la méthodologie de la collecte. De moindre importance en volume, comme ceux qui suivront, celui de 1888 (65 p.) est tout aussi documentaire et fait la part belle à l’inventaire de la bibliothèque folklorique de Loys Brueyre (ATP, 1888, p. 32-62). Celui de 1890 (44p) présente une bibliographie thématique de Paul Sébillot (ATP, 1890, p. 31-44).

L’Annuaire de 1889 (32 p.) reprend le schéma de 1886 avec les statuts et règlement de la Société et la liste de ses membres. Un avis explique que les dépenses investies dans l’Exposition des traditions populaires de 1889 ont entamé les crédits allouées à l’Annuaire.
« Bien que le nombre des Sociétaires n’ait cessé d’augmenter, ainsi que celui des abonnés non-sociétaires, l’Annuaire de 1889 est moins considérable que ceux des années 1887 et 1888 ; nous avons pensé qu’il fallait mieux, dans l’intérêt de la Société, réduire les dépenses de l’Annuaire, et réserver nos ressources pour développer les divers organes de la Société » (ATP, 1889, p. 31)

Après une interruption de publication de trois années, l’Annuaire reparait en 1894 (164 p.) pour une ultime livraison. C’est de loin la plus riche et elle offre un véritable panorama de l’état de la discipline dans le monde. Outre un recueil d’illustrations de contes (p. 135-164) et « les Noms, les adresses et spécialités des traditionnistes » des divers pays (p. 71-130), il contient surtout une présentation des sociétés savantes françaises et étrangères, des musées et des revues s’occupant de folklore et de traditions populaires. Il est un annuaire des sociétés de traditions populaires au sens propre du terme.





Iconographie