« Il a rempli le monde. Biographie de Gaston Paris (1839-1903) »

par Claudine Gauthier

IIAC-LAHIC, Université de Bordeaux


2008

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Pour citer cet article

Gauthier, Claudine, 2008. « Il a rempli le monde. Biographie de Gaston Paris (1839-1903) » in Bérose, Encyclopédie en ligne sur l’histoire de l’anthropologie et des savoirs ethnographiques, Paris, IIAC-LAHIC, UMR 8177.

Mots-clés

Linguiste / philologue | Enseignant | Dernier quart du XIXe | Poésie populaire | Folklore obscène | Littérature orale

« Ici gît... point de mots... Il a rempli le monde... »
C’est par ce vers de Lamartine qu’Henri Gaidoz clôt la fort brève notice nécrologique de Gaston Paris dans Mélusine. Il veut ainsi saluer le folkloriste mais renonce, face à l’ampleur de ce qui a déjà été produit à son sujet, à rédiger un article de plus sur le grand homme, estimant l’entreprise par trop prétentieuse. Depuis, l’on a abondamment continué à écrire à son propos... Comme l’a noté Ursula Bähler, parler de Gaston Paris revient désormais à déconstruire une historiographie officielle qui a, en quelque sorte, mythifié certains aspects de sa biographie. Joseph Bédier, en reprenant sa chaire au Collège de France, salue dans son cours d’introduction un Gaston Paris initiateur et critique des études philologiques, médiévales et folkloriques en France. Mais, depuis, la philologie, oublieuse des liens qu’elle a entretenus avec la science du folklore au XIXe siècle, estime pouvoir produire des travaux sur le fondateur de la philologie romane en France en l’affranchissant de tout ce qui pourrait concerner, de près ou de loin, cette autre discipline. Au mieux, l’on se demande si la relation entre Gaston Paris et le folklore n’a pas été un élément bien adventice dans sa vie ou encore l’on cherche à restreindre celui-ci à une période dite de jeunesse universitaire... Hormis de rares - mais notables - exceptions, toutes ces dissertations émanent de philologues qui, désormais, n’entendent pas grand chose au folklore et dont les démonstrations pesamment argumentées font sourire tant la naïveté de leur propos atteste une méconnaissance des éléments dont ils discutent. Aussi, après avoir rappelé brièvement, pour satisfaire au genre, les données biographiques de Gaston Paris, nous entendons nous attacher plus particulièrement au rôle qu’il a tenu dans le développement des études de folklore en France à la fin du XIXe siècle.

Gaston Paris est né le 9 août 1839 à Avenay dans la Marne. Il est fils de Paulin et Pauline Paris. Son père, conservateur-adjoint des manuscrits à la Bibliothèque royale (ensuite Bibliothèque nationale), appartient à la première génération des médiévistes français. Si l’initiative en revient au ministre Fortoul, c’est en grande partie grâce aux efforts scientifiques fournis par Paulin Paris dans le domaine des études médiévales que fut créée, à son bénéfice, le 1er mars 1853, la première chaire de langue et de littérature françaises du Moyen Âge au Collège de France.
À l’issue de ses études secondaires, Gaston Paris part environ deux ans en Allemagne où il sera étudiant. Certes, il résidera à Bonn la première année et suivra les cours de Friedrich Diez, auteur notamment de la Grammatik der Romanischen Sprachen. Mais, contrairement à une opinion répandue par certaines vues mythifiées de la biographie de Gaston Paris, il ne faut voir dans cette rencontre aucun voyage initiatique de philologie vers Diez. C’est sur les conseils de Ferdinand Wolf à son père que Gaston Paris se rend à Bonn et c’est lui également qui le recommande alors à Diez. Il ignore encore l’allemand et ne suit donc que fort peu de cours. Assigné par le juge de l’Université qui le contraint à suivre un cours privé, il demande conseil à Diez qui l’autorise à assister gratuitement à son enseignement, cette année-là consacré à la Gerusalemme liberata de Tasse. Il passe l’année suivante à Göttingen où il suit un programme d’études plus organisé mais qui concerne essentiellement la philologie classique et germanique, notamment auprès d’Ernst Curtius. Il manifeste alors un intérêt véritable pour la philologie allemande du Moyen Âge mais pas encore pour celle des langues romanes.
À son retour à Paris, à l’automne 1858, il s’inscrit à l’École des chartes. Gaston Paris n’a pas souhaité devenir médiéviste dès l’origine. Cette vocation ne s’affirme en lui qu’au cours de ses études dans cette institution, sans doute en raison du modèle paternel. À cette époque, la philologie romane y est enseignée par Guessard mais elle n’a pas le caractère scientifique qu’elle connaît en Allemagne. Il sort de l’École des chartes en 1862 avec une thèse d’archiviste-paléographe consacrée à l’Étude sur le rôle de l’accent latin. Dès lors, Gaston Paris s’efforcera - conjointement à Paul Meyer - de donner à la France une philologie romane présentant des critères de qualité scientifique comparables à ceux établis en Allemagne et il parviendra même à amplifier singulièrement les progrès accomplis par Diez dans cette discipline.
À cette époque, il s’emploie à une traduction de la Grammatik der Romanischen Sprachen de Diez. Toutefois, l’histoire de cette entreprise est émaillée d’invraisemblables contretemps et malentendus qui ne rendront sa parution possible qu’en 1876, soit quatorze ans plus tard. Il soutient également deux thèses de licence en droit en août 1862 et entreprend, dès le printemps 1863, la rédaction de celle, plus vaste, consacrée à l’Histoire poétique de Charlemagne qu’il soutiendra en Sorbonne en décembre 1865.

Gaston Paris a alors achevé la « période préparatoire » - comme il le dit lui-même. C’est également un moment douloureux, marqué par la mort de sa mère.
Cette même année, il fonde avec Paul Meyer, Hermann Zotenberg et Charles Morel la Revue critique, publication destinée à introduire en France des articles de philologie de teneur plus scientifique.

Sa carrière commence dès 1866 quand il doit suppléer pour la première fois à son père au Collège de France. En 1867, il devient professeur de grammaire historique aux cours libres de la rue Gerson, ouverts en 1866 sur le modèle des séminaires allemands. L’École pratique des hautes études, officiellement fondée en 1869, prendra le relais de ces cours ; Gaston Paris y est appelé dès sa création. Il supplée également une nouvelle fois à son père au collège de France pendant trois ans.
En 1870, il fonde Romania, revue consacrée à la période ancienne des langues et littératures néolatines mais qui inclut dans les objets envers lesquels elle doit avoir un intérêt particulier et durable l’étude des patois et de la littérature populaire. Elle affiche aussi la volonté de recueillir les contes, légendes et chansons du peuple.
En 1872, il prend définitivement possession de la chaire de son auguste géniteur au Collège de France. En 1873, il est président de la Société de linguistique. Il est promu chevalier de la Légion d’honneur sur la recommandation d’Ernest Renan en 1875. Cette même année, il est co-fondateur de la Société des anciens textes français et provençaux.

Sa carrière se poursuit. Elle le porte à une incessante accumulation de titres et de distinctions. Choisissons encore de noter parmi ceux-ci qu’en 1884 il fondera avec Paul Meyer la collection « Bibliothèque du Moyen Âge », chez Vieweg, dotant ainsi la France d’un organe spécialisé dans l’édition des textes fondamentaux du Moyen Âge. En 1895, il sera nommé administrateur du Collège de France et, en 1896, il sera élu à l’Académie française...

Gaston Paris reste fondamentalement associé à la philologie romane, discipline qu’il a grandement contribué à développer et à faire reconnaître en tant que science en France en la dotant ce qu’il a appelé « une méthode de fer », c’est-à-dire la méthode historique et comparative, base de la philologie moderne. Comme l’a remarqué Ursula Bähler, il est bien difficile d’appréhender ce que signifiait pour Gaston Paris le concept de philologie romane car, désormais, il recouvre des conceptions qui se sont profondément modifiées.
Les médiévistes ont alors le sentiment que le Moyen Âge est associé de manière particulièrement forte aux études de folklore car il est perçu comme la source d’une culture populaire qui s’oppose à la culture des intellectuels. Gaston Paris place Champfleury à la tête du développement de ce mouvement en France mais lui-même veille à encourager le goût de telles études auprès de ses disciples. Mario Roques, par exemple, demandera une réorientation du travail de la linguistique en direction de l’ethnographie, le langage étant pour lui un fait social inséparable de l’histoire de la civilisation. Il rêvera d’ailleurs de la constitution d’un grand « musée roman » permettant à la fois d’expliquer les mots en même temps que les techniques.

Gaston Paris va ainsi contribuer activement au développement de cette jeune science qu’est alors le folklore français.
Quand en 1877 paraît Mélusine, première revue française consacrée spécifiquement à l’étude des traditions populaires, c’est par l’extrait d’un article de Gaston Paris emprunté à la Revue critique qu’Henri Gaidoz et Eugène Rolland décident d’ouvrir leurs colonnes. Avec « De l’étude de la poésie populaire en France » Gaston Paris appelle les folkloristes français au recueil de ces « trésors dédaignés ». « Tout le monde n’est pas encore arrivé à reconnaître cette poésie et cette beauté » dit-il. Il entend la poésie populaire dans son acception large et il y englobe les chansons, les contes d’enfants, les formules de tout genre, les proverbes et les superstitions, en d’autres termes ce que nous qualifions aujourd’hui de manière indifférenciée du nom de folklore. Il signale tout l’intérêt scientifique qu’elle possède et énonce un certain nombre de points de méthode pour servir à la constitution de cette science encore jeune qui a pour tâche de les étudier. Mais il appartient encore à cette génération de folkloristes qui n’envisagent pas de séparer folklore et philologie et il engage les gens à s’abstenir de tout commentaire plutôt que d’en fournir un de nature imparfaite faute d’une préparation suffisante incluant la connaissance des diverses langues de l’Europe. Cette même année, il signe la préface des Devinettes ou énigmes populaires de la France d’Eugène Rolland. Au travers de cette courte présentation du livre de son estimé confrère en folklore, en suivant le fil des énigmes, il expose avec tout le brio qui le caractérise les repères méthodologiques majeurs qui balisent alors une discipline qui, comme toute autre, ne parvient pas encore à résoudre l’ensemble des questions qu’elle se pose en vue de connaître et comprendre l’humanité.

En 1868, dans sa séance du 29 février, la toute jeune Société de linguistique forme une commission composée de Gaston Paris, Paul Meyer, F. Baudry, Eugène Fournier et Schoenfel pour arrêter les bases visant à l’établissement d’un glossaire comparatif des noms populaires de plantes. La circulaire, signée Bréal, est lancée le 1er mars 1868. Inutile cependant de chercher une suite à tout cela. Comme l’a fait remarquer Henri Gaidoz, la commission une fois nommée, pour la Société de linguistique l’affaire a déjà été enterrée.
Rappelons la fondation de Romania en 1872 car, durant ses premières années d’existence, cette revue a volontiers accueilli un grand nombre d’études de folklore. Victor Smith, notamment, lui a régulièrement communiqué des recueils de chants populaires concernant le Forez et le Velay. Emmanuel Cosquin, également, a compté parmi les collaborateurs réguliers de la revue. Ses Contes populaires de la Lorraine ont préalablement paru dans Romania avant d’être publiés sous forme de recueil.

Gaston Paris témoigne aussi sa sympathie et son soutien au mouvement des Félibres et, spécialement, à Frédéric Mistral. Il participe en 1875 au concours philologique et littéraire ouvert par la Société des langues romanes en tant que membre du jury. En 1890, il appuiera la candidature de Mistral pour le Trésor du Félibrige au prix Jean Reynaud décerné par l’Académie des Inscriptions et belles-lettres d’abord par l’envoi d’une lettre à la commission, puis par une intervention verbale auprès de cette même institution.

Dans le répertoire d’ « Adresses des folkloristes » publié dans l’Almanach des traditions populaires « avec indication de leurs études spéciales », dès 1882 on peut lire : « Paris (Gaston), Membre de l’Institut, 7 rue du regard à Paris (contes populaires comparés) ». À cette même date, il préside également au premier dîner de « Ma Mère l’Oye » ou réunion des folkloristes, le 14 février. À cette occasion, l’on a projeté l’organisation d’un congrès réunissant tous les folkloristes du monde à Paris. C’est sur son indication que l’on envisage la date du 29 juin « fête du solstice d’été chez beaucoup de peuples »(sic). Il ne pourra être présent lors du dîner du 14 mars mais il assistera et présidera aux deux autres dîners organisés au cours de cette première année.
Les participants à ces premiers dîners profitent de ces rencontres pour discuter, notamment, du nom à donner à cette science nouvelle qui les réunit tous mais qui, en France, ne répond pas encore à une appellation fixe. Bien qu’en 1877, dans sa préface aux Devinettes ou énigmes populaires de la France d’Eugène Rolland, Gaston Paris ait parlé « du vieux Folk-Lore français » en mettant le terme en italique, il propose alors « ouï-dire » en faisant référence à Rabelais qui l’utilise comme substantif, car le mot souligne bien, dit-il, cette transmission de bouche à oreille qui caractérise le savoir populaire. Mais il n’insiste pas face à la difficulté de nommer « ouidiristes » ceux qui s’occupent des choses populaires, le terme étant jugé peu harmonieux. Toutefois, et se démarquant ainsi des autres folkloristes français, il décide d’appeler « mythographie » l’étude comparée des contes populaires. Romania suffit à attester qu’il désignera ainsi, jusqu’à sa mort, cette branche particulière du folklore.

En 1885, Gaston Paris compte parmi les premiers adhérents à la Société des traditions populaires aux côtés des membres de la Société d’anthropologie de Paris, société dont il sera également le premier président. À la fin de sa vie, il y figurera encore comme président honoraire parmi les membres du bureau.

Paul Sébillot témoigne, dans la Revue des traditions populaires, que Gaston Paris a lui-même procédé à quelques rares recueils directs de folklore. Il a ainsi donné à la revue (t. I, p. 98-99) la version d’une chanson recueillie à Avenay, son pays natal, mais il a également communiqué à Paul Sébillot et Henri Gaidoz quelques-uns des dictons de ce même pays qui figurent dans Blason populaire de la France (p.140).

Mais surtout, et on l’ignore plus communément, Gaston Paris est, avec Eugène Rolland, le co-fondateur des Kryptadia, publication fondée en 1883 et dédiée spécifiquement au folklore obscène, comme le révèle de façon posthume Henri Gaidoz à la fin de la notice nécrologique sur son confrère messin. Même si l’on sait que l’Avis du Comité de Direction, publié en préface au premier volume, a été l’œuvre de L. Brueyre, un passage, pourtant, ne peut manquer de rappeler au fidèle lecteur de Romania certaines remarques de Gaston Paris sur l’importance du folklore obscène pour qui étudie le monde médiéval. Aussi, s’il n’en a pas été formellement l’auteur, il est difficile d’imaginer qu’il n’a pas été au moins l’inspirateur de ces quelques lignes :

« Tous ceux qui s’occupent de la littérature populaire et traditionnelle (...) ont eu occasion de rencontrer sur leur chemin, sous toutes les formes qu’elles affectent : contes, chansons dictons, proverbes etc..., des productions qui mériteraient d’être conservées et publiées non seulement au point de vue littéraire pur (...) mais surtout parce qu’elles constituent un document d’études pour les folkloristes. Mais la crudité, l’immoralité du sujet, la grossièreté des expressions employées ont fait reculer les collecteurs qui la plupart du temps ont laissé retomber dans l’oubli les matériaux qu’ils avaient pu recueillir.
Cependant, grand nombre d’entre elles, grâce surtout aux littérateurs du moyen âge et de la Renaissance, en Italie et en France notamment, moins bégueules ou moins hypocrites que ceux de notre époque, ont passé dans les lais, les fabliaux, les soties, les farces et les contes, plus ou moins déguisées et travesties, plus ou moins dépouillées de leurs expressions grossières et cyniques primitives. Il est vrai que le public, même lettré, les ignore pour la plupart, car elles dorment dans les manuscrits des bibliothèques publiques ou privées, puisque les érudits qui ont composé les recueils les plus renommés de fabliaux n’ont pas osé troubler leur poudreux sommeil pour les insérer à côté d’autres pièces. Il y a là une mine curieuse à exploiter et plus d’un trésor à mettre en lumière. Nous en trouverons peut-être l’occasion quelque jour. -Quelques-unes et non des moins obscènes ont pourtant la bonne fortune d’être publiées dans des recueils célèbres. Témoin le lai des Quatre Souhaits St. Martin (Recueil Barbazan-Méon tome IV) dont l’auteur ne craignait pas assurément d’appeler un chat : un chat. Nous possédons ainsi une version littéraire du conte des Souhaits ridicules aussi curieuse que grossière, mais dont la gaîté et l’esprit font pardonner l’absolue obscénité ».

Ils sont de ces secrets qui se transmettent de bouche à oreille et dont on ne sait plus en quelle part ils ne participent pas déjà du mythe. Voilà bien des années, le grand Maxime Rodinson révéla ainsi à Claude Gaignebet que l’École pratique des hautes études détenait un buste de Gaston Paris, surplombant un meuble fermé à clef, qui cachait en son antre la collection entière des Kryptadia

La bibliographie des travaux de Gaston Paris a été établie peu de temps après sa mort et publiée dès 1904 par ses disciples Joseph Bédier et Mario Roques (Bibliographie des travaux de Gaston Paris, Paris, Société amicale Gaston Paris, VI-204 p.). Si l’on ne prend en compte que les titres rangés sous la rubrique « folklore », en omettant, notamment, tous ses travaux d’édition de textes médiévaux - qui, après tout, concernent également le folklore - on peut remarquer qu’ils ont répertorié pas moins de 103 articles ou comptes rendus critiques concernant cette discipline. Parmi ceux-ci mettons en exergue la célèbre étude du conte du Petit Poucet (Le Petit Poucet et la Grande Ourse, Paris, librairie A. Franck, 1875, VIII-95 p.) et le volume sur Les chants populaires du Piémont (Paris, Imprimerie nationale, 1890, 40 p.). Toutefois, il est un long article de folklore, rédigé par Gaston Paris en 1874, qui échappe à leur bibliographie : Le conte du trésor du roi Rhampsinite, publié de façon posthume en 1907 par Gédéon Huet dans la Revue de l’histoire des religions. Ce texte a été lu par Gaston Paris - se présentant comme mythographe – devant l’Académie des inscriptions au cours des séances des 16 octobre et 13 novembre. Il n’a jamais publié lui-même ce travail qu’il souhaitait réviser. Mais l’éditeur de l’article rappelle dans sa préface qu’il parlait encore à ses élèves, des années plus tard, dans son cours du dimanche, de cette étude donnée au conte du voleur malicieux en disant que, selon lui, le résultat principal en restait encore valide. Cette conclusion est une démonstration que la version de ce conte donnée par Hérodote présente des traces d’altération et d’omission manifestes.
Le cours du dimanche auquel fait référence Gédéon Huet a été institué par Gaston Paris. Il le réserve à ceux de ses élèves qu’il juge les plus doués et il leur dispense ainsi un enseignement supplémentaire, chez lui, le dimanche matin. Le dimanche après-midi est d’un autre caractère : il tient salon dans son cabinet de travail au Collège de France où il voit passer l’élite du monde intellectuel, scientifique et artistique. L’on se souvient de ses manières affables et cordiales mais, surtout, de la façon dont il ne négligeait jamais personne, allant de groupe en groupe.

Derrière l’homme attrayant et spirituel en société se cache un être mélancolique qui avoue lui-même avoir été marqué sur le plan personnel par nombre d’épreuves bien douloureuses à surmonter.
Au cours de sa vie, il a connu deux mariages, tous deux tardifs. Du second, il a eu une fille, Marguerite (dite Griette).

Il est mort à Cannes le 5 mars 1903.






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