"El Folk-Lore Andaluz (1882-1883). Historique"

par Mercedes Gómez-García Plata

CREC – Sorbonne Nouvelle


2015

Pour citer cet article

Gómez-García Plata Mercedes, 2015. "El Folk-Lore Andaluz (1882-1883). Historique" in Bérose, Encyclopédie en ligne sur l’histoire de l’anthropologie et des savoirs ethnographiques, Paris, Lahic-iiac, UMR 8177.

Mots-clés

Espagne | Andalousie | Revues et périodiques

El Folk-Lore Andaluz, est la première revue dirigée par le folkloriste Antonio Machado y Álvarez. Organe de la société du même nom, elle est publiée entre mars 1882 et février 1883, soit douze numéros imprimés à Séville par Francisco Álvarez et réunis ensuite en un volume comportant plus de 550 pages in-4°.

Selon l’adresse aux lecteurs qui figure au recto de la page de garde, la revue s’occupera « Des matières contenues dans la première [partie] des Bases de El Folk-Lore Español » et fera connaître « les travaux, collections de matériaux, découvertes, projets, expéditions, réunions, etc. relatifs à l’objet et à la finalité de El Folk-Lore Andaluz et autres sociétés analogues ». Sa vocation principale est donc de publier les travaux des membres et collaborateurs, mais aussi de servir d’outil de liaison entre eux.
Le numéro mensuel est vendu au prix unitaire de 2,50 pesetas et le volume complet au prix de 15. La revue est distribuée gratuitement aux membres et collaborateurs. Aucune indication chiffrée sur le tirage de cette publication aussi bien mensuel qu’annuel ne nous est parvenue. Le volume complet, publié en 1883, continue toutefois à être proposé à la vente en 1884 et 1885, dans le catalogue de la « Biblioteca folklórica de A. Guichot y Cía » avec la mention « Archivo de estudios y materiales folklóricos de la región andaluza ».
Chaque numéro est censé se composer de quarante-huit pages, cependant le premier en comporte soixante-quatre avec une pagination indépendante du reste du volume — une note en page 64 indique que le numéro a pris du retard dans la publication et présente les excuses des éditeurs aux lecteurs. Ce dépassement est dû aux nombreux documents annexes qui y sont insérés, relatifs à la constitution de la société dont il est l’organe, comme le procès verbal de la réunion constitutive (acta de constitución) et la liste des membres honoraires, ainsi qu’un long texte théorique de A. Machado y Álvarez, qui plus qu’une introduction à la publication est un exposé sur la genèse du folklore, ses enjeux épistémologiques venus du Royaume-Uni et leur redéfinition et adaptation à la société espagnole.
Excepté cette différence, les douze numéros suivent le même schéma éditorial. Ils commencent par des articles (un auteur sur un sujet) ou des suites d’article (un sujet traité par le même auteur sur plusieurs numéros) rédigés par les membres, qu’ils soient actifs ou honoraires, ainsi que des transcriptions ou suites de transcriptions de matériaux collectés (une même transcription étalée sur plusieurs numéros). On y retrouve des contributions de Alejandro Guichot (très proche collaborateur de A. Machado y Álvarez) sur les « supersticiones andaluzas », Luis Montoto sur « los corrales de vecinos », Antonio García Blanco et sa série « Filología Vulgar », Antonio Machado y Núñez (le propre père de A. Machado y Álvarez) sur « El Folk-Lore del perro ». Quant à la participation des membres honoraires étrangers, on compte des contributions des Portugais J. Leite de Vasconcellos, pour une suite d’article sur les coutumes hispano-portugaises, et T. Braga, sur les jeux de l’enfance, ou un article du romaniste autrichien, Hugo Schuchardt, sur les cantes flamencos, traduit par R. Sanjurjo.
À ces travaux s’ajoutent d’autres documents plus hétéroclites tels que des lettres de folkloristes européens, caractéristiques de la publication de l’échange savant (par exemple, une lettre de A. Machado y Álvarez à Giuseppe Pitrè sur les pregones — boniment des vendeurs ambulants — et leur classement), ainsi que des questionnaires, la traduction de celui de Paul Sébillot, mais aussi celui de A. Machado y Álvarez pour établir la carte topographique traditionnelle de la province de Séville.
Les rubriques fixes, communes à tous les numéros sont les suivantes :

  • Miscelánea, renseignée par A. Machado y Álvarez sous le pseudonyme Demófilo, est un florilège de matériaux collectés (Romances, oraciones, buenaventura, pregones — ceux-ci portent des indications sur le lieu et la date de collecte)
  • Bibliografía, également rédigée par A. Machado y Álvarez — parfois sous le pseudonyme Demófilo —, fournit des indications bibliographiques (livres et articles) sur le folklore, ainsi que des recensions des publications monographiques des membres honoraires, comme celles de Las vísperas sicilianas en las tradiciones populares, de G. Pitré, La fauna popular de Francia, d’Eugène Rolland ou encore Cuentos populares lorenenses, d’Emmanuel Cosquin. Une note du responsable de la rubrique ajoute : « Comme le type d’études dont cette revue doit s’occuper est très récent, tout du moins du point de vue strictement scientifique auxquels ils ont vocation actuellement, nous croyons opportun de faire connaître au fur et à mesure à nos lecteurs les œuvres les plus importantes publiées jusqu’à présent. »
  • Revista de Revistas, signée par Francisco Rodríguez Marín pour le premier numéro, par A. Machado y Álvarez pour les autres, comporte des recensions des revues folkloriques européennes comme Mélusine ou Archivio per lo studio delle tradizioni popolari.
  • Noticias, section dirigée par A. Guichot, contient des informations diverses concernant l’actualité des recherches folkloriques ou les activités des autres folkloristes européens (comme la célébration des Dîners de ma mère l’Oye). C’est cette rubrique qui rend compte de l’avancement de la constitution des différentes sociétés folkloriques régionales d’Espagne.

Un index alphabétique des auteurs et un index des matières permettent d’avoir un aperçu des articles et des sujets répertoriés dans le volume, lequel est complété par des annexes, incluant, entre autres les Bases del Folk-Lore Español, « Circular del Folk-Lore Andaluz dirigida a las provincias andaluzas » ou « Memoria leída en la junta general celebrada por la Sociedad Folk-Lore Andaluz », ainsi que l’acte de constitution de la société régionale El Folk-Lore Frexnense.
Si l’on confronte la vocation affichée dans l’adresse au lecteur, soit traiter des matières énumérées dans la première partie des Bases del Folk-Lore Español, vaste programme s’il en est, à la réalité du contenu éditorial, on constate que El Folk-Lore Andaluz est en réalité un joyeux fourre-tout mêlant à la fois articles d’analyse, résultats de collectes, questionnaires, échange savant, revue d’actualité scientifique et renseignements pratiques.
Éclectisme et optimisme semblent être la caractéristique de cette revue pionnière, dont le premier et unique volume comporte bien des similitudes avec les premiers tomes de Folk-Lore Record, par sa foisonnante et très (trop) variée richesse d’informations.
El Folk-Lore Andaluz, selon les vœux de son fondateur, n’avait pas vocation à imposer son magistère, c’est néanmoins son format de miscellanées qui fait école et qui est reproduit à l’identique pour les organes des autres sociétés régionales, El Folk-Lore Frexnense et El Folk-Lore Bético-Extremeño. C’est à raison que la 3e de couverture de l’édition fac-similé peut proclamer la mention suivante : « Elle peut légitimement être considérée comme la première des revues de cette thématique, ayant eu un grand retentissement chez les spécialistes de toute l’Espagne et d’Europe ».


Pour citer cet article :
Mercedes Gómez-García Plata, "El Folk-Lore Andaluz (1882-1883). Historique", in BÉROSE, encyclopédie en ligne sur l’histoire des savoirs ethnographiques, Paris, IIAC-LAHIC, 2015.





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