Cadic, François (1864-1929)

Né en 1864 à Noyal-Pontivy (Morbihan) dans une famille de paysans aisés, François Cadic entre en 1880 au petit séminaire de Sainte-Anne-d’Auray où il côtoie nombre de ceux qui contribueront à valoriser une langue et une littérature vannetaises jusque-là négligées. Ordonné prêtre en 1889, il poursuit des études supérieures à l’Institut catholique à Paris et à l’École pratique des hautes études où il suit les cours de Henri Gaidoz. À Paris il découvre la situation difficile des Bretons qui de plus en plus nombreux émigrent vers la capitale. Influencé par les idées « chrétiennes-démocrates », proche de l’abbé Lemire, il décide, en 1897, de créer une œuvre, « La Paroisse bretonne de Paris », qui connaît un développement spectaculaire. Dès 1899, la société dispose d’un bulletin mensuel dont les composants habituels sont informations pratiques, comptes rendus des activités de la société, édification religieuse. Mais, pendant trente années, y sont également publiées plusieurs centaines de chants, de contes et de légendes que le « recteur » des Bretons de Paris a lui-même recueillis ou qui lui ont été confiés par des amis. Il les rassemblera en fascicules, puis en volumes. Cela fait de François Cadic l’un des collecteurs importants de la Basse-Bretagne. Malgré une collaboration ponctuelle à la revue Mélusine en 1894, il se détourne toutefois du mouvement folkloriste et de ses revues qu’il juge trop élitistes et trop coûteuses : pour lui la littérature orale, qu’il veut garder vivante, est d’abord un moyen d’apostolat. Passionné d’histoire, il est également l’auteur d’une imposante Histoire populaire de la chouannerie. Dans un contexte politique et religieux mouvementé (affaire Dreyfus, interdiction de la prédication en langue bretonne, séparation de l’Église et de l’État, Bécassine, Première Guerre mondiale...), François Cadic se montre partagé entre un conservatisme moral, religieux ou politique et un pragmatisme social que lui inspire la confrontation aux problèmes quotidiens des Bretons de Paris. La Paroisse bretonne disparaitra à son décès survenu en 1929 à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan).

Auteur : F. Postic - MAJ : janvier 2016.



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