« Analyse quantitative de Mélusine »

par Christelle Ventura

IIAC-LAHIC, Paris


2010

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Pour citer cet article

Ventura, Christelle, 2010. « Analyse quantitative de Mélusine » in Bérose, Encyclopédie en ligne sur l’histoire de l’anthropologie et des savoirs ethnographiques, Paris, IIAC-LAHIC, UMR 8177.

Mots-clés

Revues et périodiques

Dans le cadre du programme Bérose, nous avons procédé au dépouillement systématique des onze volumes de la Revue. Le dépouillement ne prend pas uniquement le sommaire en considération mais indique précisément la nature de chaque contribution, comprends des mots clés et des commentaires (sources, informateurs, etc.). De ce dépouillement, nous avons extrait une étude quantitative de la Revue dans son ensemble. L’analyse statistique des contributions et des contributeurs laisse entrevoir la trajectoire de la revue, et éclaire sur le renouvellement des sujets et des contributeurs.

Méthodologie : Pour réaliser une étude quantitative de la Revue, nous nous sommes basés sur la méthodologie appliquée par Piet Desmet dans son ouvrage sur la Linguistique naturaliste et plus précisément son étude sur la Revue de Linguistique et de Philologie Comparée. Le dépouillement réalisé sur Mélusine nous a conduits à affiner la méthodologie de Piet Desmet en proposant des classifications des contributions

Définition des termes employés
— Article : Un auteur sur un sujet
— Suite d’article : Découpage d’un article sur plusieurs numéros mais avec un auteur unique (ex : Tuchmann, « La fascination »)
— Transcription : Transcription écrite de contes, légendes, chansons et extrait d’ouvrage
— Suite de transcription : Découpage d’un thème de transcription sur plusieurs numéros avec un auteur unique (ex : Emile Ernault, « Dictons et proverbes bretons »)
— Thématique : Thème donné où peuvent prendre place des articles, transcriptions et notes et réunissant plusieurs contributeurs (ex : « L’arc-en-ciel").
— Introduction thématique : Premier signataire de la série
— Suite thématique : Signataires suivants

Le contenu de la Revue

Le corpus de Mélusine comprend 207 articles, 185 suites d’articles, 312 transcriptions et 56 suites, 113 thématiques et 680 suites, 485 comptes-rendus et 17 biographies/nécrologie.

Répartition des différents types de contributions

Evolution du type de contributions (Graphique)

La Revue change radicalement de profil entre le premier et le second tome. Largement dominée par des transcriptions, articles et comptes-rendus en 1877, elle laisse apparaitre une prédominance des suites de thématique dès le deuxième volume. La production chute au tome 5, lorsque la revue devient bimestrielle.

Evolution du type de contributions (Courbe avec tableau récapitulatif)


La prédominance des suites de thématique apparaissant au Tome 2 se vérifie sur le reste du corpus. Les comptes-rendus occupent une place important tout comme les suites d’articles.
Cependant, il faut manipuler ces chiffres avec précaution pour ce dernier cas. Mélusine compte 185 suites d’articles sur 11 volumes mais Jules Tuchmann, a lui seul, en signe 102 et est présent sur 10 volumes de la Revue avec au final, seulement 5 articles, 1 suite de thématique, 1 compte-rendu et 1 note de sociabilité. Son omniprésence dans la revue est due aux suites de son article sur la « Fascination ».
A partir du Tome 5, le contenu de la revue baisse par le passage en bimestriel, mais renouvellement des sujets ralentis également.
Entre le Tome 1 et le tome 4, il y a une moyenne de 27 nouveaux articles et introductions de thématique par année.
A partir du tome 5 et jusqu’au tome 10 (moment de la seconde interruption de publication) ; cette moyenne de renouvellement des sujets chute à 6.66 par année.

Les collaborateurs

Le corpus de Mélusine comprend au total 231 collaborateurs à la Revue. Cependant, la revue connait dès les premières années de sa réédition, une crise du nombre de ses auteurs.
176 auteurs sur les 231 recensés n’apparaissent que dans 1 volume de la série. Et parmi ces 176 auteurs, 132 ne signeront qu’une seule participation à la revue. Ce qui réduit le nombre d’auteur signant plus d’une contribution à Mélusine à 99.

Evolution du nombre de collaborateurs à la revue



L’écart entre le premier tome (avec 82 collaborateurs) et le dernier volume (avec seulement 12) fausse la moyenne de 21 auteurs par volume. La chute la plus importante a lieu entre le tome 2 (78 collaborateurs) et le tome 3 (38 collaborateurs).
Tome 1 et tome 2 : moyenne de 80 collaborateurs par volumes
Tome 3 à 10 : moyenne de 25, 5 collaborateurs par volumes
Tome 11 : 12 collaborateurs
De plus, Mélusine est dominée par un groupe restreint de très gros collaborateurs.

Les contributions par auteur


Pour réaliser cette courbe, nous avons pris en considération le nombre de signature, tous types de contributions confondues (article, transcription, CR, ect.). Ce graphique met plusieurs éléments en valeur : La domination de la production d’Henri Gaidoz à partir du Tome 2 (le tome 1 étant largement dominé, en nombre de signature, par Eugène Rolland) mais aussi le coup de frein de la revue à a partir du Tome 5, lorsque la revue devient bimestrielle.

Répartition des auteurs par type de contribution

Si nous nous intéressons de plus près au type de production, sur l’ensemble du corpus, nous notons l’omniprésence des gros producteurs :

Les articles et introductions de thématiques

Les suites d’articles et de thématiques (omniprésence de Tuchmann : 2% de création 12% des suites)
Pour les suites de thématique, nous pouvons retenir celles qui sont présentes dans le plus de 3 volumes : « Chansons populaires de la Basse-Bretagne » (T3-9 et 11) ; Jean de l’Ours (T3 ; 5-7 ; 11) ; « L’arc en ciel » (T2-5 ; 7 ; 10-11) ; « La Fraternisation » (T 3-5 ; 7-11) et autres : « Béotiana », « L’étymologie populaire et le folklore » ; « La courte paille (chanson) » ; « La flèche de Nemrod » ; « Le grand diable d’argent, patron de la finance » ; « Le plongeur », « Oblations et présages à la mer » ; « Saint-Eloi », etc.

Les transcriptions
Le tome 1 fausse quelque peu les chiffres des transcriptions : Eugène Rolland publie au total 49 transcriptions dans le corpus de Mélusine dont 31 dans le tome 1. Nous voyons par contre très nettement qu’Henri Gaidoz fournit assez peu de transcription.

Les comptes-rendus

Par année de parution

Tome 1. 1877
La revue est dominée par Eugène Rolland avec ses transcriptions et comptes-rendus. Henri Gaidoz y rédige essentiellement les comptes-rendus (22). Autre gros producteurs de l’année 1877, Henry Carnoy qui rejoindra la Société des Traditions populaires en 1886 et publiera à partir de 1887 La Tradition.

Tome 2. 1884-85
Pour le Tome 2, la tendance entre Rolland et Gaidoz s’inverse mais ils signent conjointement des introductions de thématique (7 intro et 3 suites de thématique)
Eugène Rolland n’écrit plus de CR (35 dans le tome 1 ; 1 dans le tome 2) mais il introduit 10 thématiques.
Henri Gaidoz reste le principal signataire des CR (28), écrit 5 articles et surtout, contribue à 16 reprises à des suites de thématique.

Tome 3. 1886-87

Tome 4. 1888-89

Tome 5. 1890-91

Tome 6. 1892-93

Tome 7. 1894-95

Tome 8. 1896-97

Tome 9. 1898-99

Tome 10. 1900-01

Tome 11. 1910-12

Tout comme le premier tome de 1877, la dernière livraison de Mélusine est « à part ». Essentiellement rédigée par Henri Gaidoz (82%), elle est publiée après la mort de Rolland. Contrairement aux autres volumes du corpus, elle comprend 12 notices biographiques et nécrologiques.
Emile Ernault, qui participe aux 11 volumes de la Revue, signe les tables générales de Mélusine.
Volume posthume à Rolland et pratiquement entièrement rédigé par Gaidoz, le Tome 11, paru entre 1910 et 1912, apparait par son contenu comme un volume de conclusion. Il reprend des thématiques (« Les yeux arrachés » ; « Saint-Eloi » ; « Le grand diable d’argent » ; « Jean de l’Ours » et bien sur « L’arc-en-ciel » dont c’est la 42ème suite), l’article de Tuchmann, accompagné d’une notice biographique et comprend, entre autre, la nécrologie d’Eugène Lefébure et des extraits de sa correspondance avec Gaidoz et un hommage à Rolland (le volume 11 s’ouvre sur une photographie de Rolland prise en octobre 1900).